L'actuelle présidente de l'Observatoire international des prisons (OIP) se souvient de ce jour précis du début du millénaire où elle pénètre pour la première dans une prison en tant qu'avocate pour visiter son premier client détenu. Quelques jours auparavant, elle venait de prêter serment...

Une prison un jour de brouillard
Une prison un jour de brouillard © Getty / Antonio Garcia Recena

Comme son mentor et confrère, Henri Leclerc, ancien président de la  Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen (1995-2000), la jeune avocate a été frappée par le vacarme, les portes qui claquent, les verrous qui tournent, l’odeur. 

En 2000, une batterie de lois est votée au Parlement en faveur des droits des détenus.  D'abord celle sur les droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations Personne n’avait pensé que cette loi  pourrait aussi concerner les prisons.  En effet, pour la première fois, les avocats ont  le droit d’être présents pendant les commissions de disciplines au sein des établissements pénitentiaires.  

Delphine Boesel se souvient de sa première commission. Dès cette époque, l'avocate va se battre sans relâche pour les droits des détenus. La lutte contre les placements abusifs en isolement ou encore les transferts incessants. Elle est sur tous les fronts. 

Puis, en juin 2000 on donne le droits aux avocats d’être présents devant le juge d’application des peines. Delphine Boesel commence alors un autre de ses combats contre les longues peines vides de sens

L’année 2000 c’est aussi celle où sort le livre de Véronique Vasseur « Médecin chef à la prison de la Santé“. Un journal de bord dans lequel elle témoigne de ce qu’elle a vu en prison. Elle y décrit un univers carcéral où règne l’arbitraire et l’opacité.  Son témoignage qui ne plaît guère à l'administration pénitentiaire, a le mérite d'ouvrir un débat public sur l'état déplorable des prisons françaises. 

En 2015, Delphine Boesel prend la tête de l'Observatoire International des Prisons (OIP). La mission de cette ONG est de faire respecter les droits fondamentaux en prison. La reconnaissance du droit à l’intimité des personnes détenues a joué un rôle majeur dans la création des unités de vie familiale. Par ailleurs, l'OIP a obtenu que l’interdiction de la fouille à nu soit inscrite dans la loi pénitentiaire. Aujourd'hui, Delphine Boesel se bat pour faire entrer le droit du travail en prison.

Pour aller + loin : 

A lire

Vous avez pu entendre les titres musicaux suivants

  • Rose rouge, Saint Germain (2000) 
  • Good morning, Gene Kelly/Donald O'Connor/Debbie Reynolds (1951)
  • Cayenne, c'est bien fini, Jacques Higelin (1978)

Le générique de l'émission s'intitule "Le Temps est bon". Il s'agit d'un remix d'une chanson d'Isabelle Pierre, proposé par Degiheugi.

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