Ce jour-là, Camille disparaît soudainement de la scène où elle chante en duo dans le groupe Nouvelle Vague. Elle court se plonger dans l’Océan, tout près, sous les yeux fascinés du public, puis revient finir sa chanson. Une performance sportive, commente alors en direct sur France Inter, l’animateur Bernard Lenoir…

La chanteuse Camille
La chanteuse Camille © Patrick Messina

La scène : « une liberté de jeu dans un espace contraint »

La chanteuse, auteure et compositrice  se souvient : « Il y a la mer devant moi et j’avais envie de me baigner. Je suis un animal de scène et ça m’amuse énormément de mettre en scène mon envie de me jeter dans cette mer et de partager ce désir avec le public. ». Une façon de faire rentrer le paysage maritime sur la scène : l’interpénétration de la scène, du public, du paysage et de cette puissance sauvage de la mer. La scène ? Un radeau sur l’Océan confronté à tous les vents. Camille n’a pas froid aux yeux. En 2004, c’est encore une inconnue, elle débute au sein du groupe Nouvelle Vague

Je suis une femme qui chante, qui aime enchanter au sens d’aimer transmettre le chant 

« Faire les choses comme on l’entend et en conscience » 

C’est pour elle le meilleur choix de vie. Comme l’a fait l’agronome Pierre Rabhi dont elle admire le parcours. 

Petite, la chanteuse a reçu l’éducation d’une héroïne de François Truffaut dont elle regardait tous les films avec son père, « un homme qui aimait les femmes » et un érudit pas pédant pour un sou et qui adore partager son savoir, notamment avec sa fille. « Il m’a donné la liberté d’être et sans me le dire. Un père bienveillant et présent ». 

Pour la chanteuse, un seul mot : le collectif

Camille adore son public avec lequel elle rentre en communion à chaque concert : « c’est vibratoire, de la jouissance pure, de l’extase, au-delà des sens ». A la fin de ses concerts, elle l’invite d’ailleurs à monter sur la scène pour un chant ou (et) une danse collective. « La danse collective guérit, libère. ».  Sur scène, elle essaie de retrouver cette atmosphère : « je suis tout à fait consciente d’être l’épicentre du show mais j’aime aboutir à cette union collective, faire un tout avec le public, la scène. J’adore scruter les visages de mes spectateurs, voir le mélange des générations. »

Une exploratrice de la voix sans être une pure technicienne

Je ne pense pas être musicienne, mais musicale. Tout mon corps est musique.

Petite, Camille chantait l’air de la Reine de la Nuit dans La Flûte enchantée de Mozart, elle sortait dehors, dans le jardin, où la voix n’est plus emprisonnée entre quatre murs. Une véritable ivresse lorsqu’elle ressent pour la première fois sa propre voix monter au ciel. 

Camille est toujours à la recherche d’autres sons, d’autres techniques vocales, elle s’intéresse beaucoup aux chants et danses traditionnels, sans être passéiste, et interroge ces moments de l’Histoire où sont nés « les chants et danses de la nécessité : nés non pas pour enregistrer un disque ou être commercialement exploités, mais pour évacuer les tensions d’une vie trop dure, d’un travail harassant, pour libérer les énergies, chasser l’ennui. » 

Pour aller + loin  : 

  • Le dernier album de Camille édité chez Because en novembre 2017 : Ouïï ; et aussi Ilo Veyou (2011) ; Music Hole (2008) ; le Fil (2005) ; Le Sac de filles (2002) 
  • Les dates des prochains concerts de Camille, c'est ici 

Camille en a parlé : 

  • Le Grand Bal, un documentaire de Laetitia Carton sur les écrans à partir du 31 octobre 2018
  • Le musicien et chanteur américain Bobby McFerrin

Vous avez pu entendre : 

  • "Piscine", Camille (2018)
  • "Skamenco", Barbatuques (2016)
  • "Tout dit", Camille (2012)

Et aussi : 

  • Claude Nougaro, "Tu verras"
  • Mickaël Jackson chantant a cappella enfant. 
  • Un extrait du film de François Truffaut : Baisers volés (1968) 

Les références du générique de l'émission :« Le Temps est bon » d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi 

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