Laurent Chauvaud est directeur de recherche au CNRS. Dans son livre 'La Coquille Saint-Jacques, sentinelle de l'océan', il emmène le lecteur dans le monde entier, des deux pôles à la rade de Brest, en passant par la Californie et la Norvège avec, pour compagnon de voyages, un mollusque bivalve baptisé Saint-Jacques.

Le chercheur Laurent Chauvaud a construit sa carrière sur la découverte, faite en 1995, que les coquilles Saint-Jacques « fabriquent » une strie par jour
Le chercheur Laurent Chauvaud a construit sa carrière sur la découverte, faite en 1995, que les coquilles Saint-Jacques « fabriquent » une strie par jour © Erwan Amice / CNRS LEMAR

Laurent Chauvaud est un homme qui aime poser ses yeux là où d'autres ne voient rien, qui se réjouit de faire des découvertes qu'il n'avait pas prévu de faire, qui cultive ainsi l'art merveilleux de la sérendipité. Biogéochimiste, écologue, plongeur scientifique, directeur de recherche au CNRS au sein du Laboratoire des sciences de l'environnement marin (LEMAR), il étudie, à Plouzané, dans la rade de Brest, et partout dans le monde, depuis près de 30 ans, la vie fascinante des coquilles Saint-Jacques. C'est ainsi à ce mollusque bivalve de la famille des Pectinidés qu'il vient de consacrer un ouvrage de vulgarisation, plein d'aventures de voyages et de poésie : La Coquille Saint-Jacques, sentinelle de l'océan (éditions des Équateurs).

Ce qui m'intéresse le plus, c'est le fonctionnement des écosystèmes côtiers. J'aime bien étudier, essayer de regarder et imaginer comment fonctionne la mer. C'est pour ça que je m'attache à un outil qui s'appelle la coquille Saint-Jacques. J'ai transformé la coquille Saint-Jacques en un outil qui permet de fonctionner comment fonctionne la mer.

La coquille Saint-Jacques est un arbre comme les autres

Laurent Chauvaud a choisi pour « journée particulière » le 20 août 1995. Ce jour-là, suite à une série d'événements qui l'amène à s'interroger sur la croissance des coquilles Saint-Jacques, il décide de placer plusieurs spécimens de ces bivalves sous une loupe binoculaire et observe que ceux-ci marquent, de façon visible, leur croissance en « fabriquant » sur leur coquille, une strie par jour.

Ce jour-là, cette coquille Saint-Jacques est devenue un calendrier. Dès lors, on a été capable, jour après jour, de calculer sa croissance et, à l'inverse, de remonter dans le temps, pendant toute sa vie.

C'est à partir de cette découverte, faite par hasard, que le jeune chercheur va construire toute la suite de sa carrière, qui va l'emmener dans le monde entier, de la Norvège à la Californie, sous les tropiques, ou encore en Arctique et en Antarctique, pour plonger sous les flots et étudier la coquille Saint-Jacques à tous les stades de sa vie.

La programmation musicale du jour

Le générique de l'émission

Isabelle Pierre, "Le temps est bon" (1971), remixé par Degiheugi, 2012

Les invités
  • Laurent ChauvaudDirecteur de recherche au CNRS, océanographe à l'Observatoire marin de Brest
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