Le 1er novembre 2004, Pierre Wat se rend pour la première fois à Varsovie sur les traces de sa famille. La capitale polonaise était la principale ville juive d'Europe avant guerre et son ghetto, où 320 000 personnes vivaient, fut intégralement rasé après la répression de l'insurrection de 1943.

Le ghetto de Varsovie
Le ghetto de Varsovie © Getty / Photo 12

Dans son dernier livre, le spécialiste du romantisme européen et professeur d'histoire de l'art à l'université Paris I,  interroge les traces de l’histoire dans le paysage, ou ce qu’il reste de l’histoire quand les traces ont disparu. Traces d’histoire visibles, ou en cours d’effacement, ruines, champs de bataille redevenus prairies. 

En 2004, à Varsovie, Pierre Wat est bien décidé à découvrir les traces du ghetto. Il demande à sa grande tante, comédienne du Théâtre Polski et survivante de la Shoah, de lui montrer ce qu'il en reste. Elle lui répond, stupéfaite, que tout a disparu, même le tracé des rues. 

A sa place, le pouvoir communiste a construit une cité ouvrière, la cité Muranow. Un quartier "moderne" avec des espaces verts "qui devaient garantir à leurs habitants une vie paisible et de bonnes conditions d'hygiène". Les juifs sont assimilés aux capitalistes et il s'agit de reconstruire une ville socialiste.  C'est l'ultime geste d'enfouissement de la mémoire d'une des plus anciennes communautés ashkénazes.

Pour aller plus loin 

A lire

Pérégrinations. Paysages entre nature et histoire, Editions Hazan, 2017

Et aussi chez le même éditeur : Turner, Constable. 

A voir : 

Shoah, de Claude Lanzmann

A écouter

  • Rapture, Laura Veirs, 2004, chez V2 Music
  • You are never alone, Socalled, 2007
  • Déjeuner sur l'herbe, Claude Nougaro

Et aussi, les références du générique de l'émission de Zoé Varier : Le Temps est bon d’Isabelle Pierre remixé par Degiheug

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.