La jeune chercheuse, après avoir soutenu une thèse sur la grotte de Lazaret (Alpes Maritimes) habitée par des Néandertaliens, part pour l’Afrique australe à la rencontre des derniers représentants du peuplement originel de cette partie du continent, condamnés à disparaître. Un séjour qui va changer sa vie.

Tribu des San au Botswana
Tribu des San au Botswana © Getty / Dan Kitwood

Ma première rencontre avec les San : on a partagé du thé et du tabac autour d’un feu

Au cœur de la thèse de la jeune docteure en sciences humaines : les comportements des hommes préhistoriques et notamment des Néandertaliens, qu’elle a étudiés dans la grotte de Lazaret. « A part ça, je ne connaissais rien, il fallait que je me rende sur le terrain. J’adore les déserts et j’ai suivi le conseil d’un de mes professeurs du Muséum National d'Histoire Naturelle ».  Direction l’Afrique australe, chez les San – plus connus sous le nom de Bushmen - derniers représentants du peuplement originel de ce continent, menacés par l’acculturation. Ils vivent dans le désert du Kalahari qui couvre une grande partie du Botswana

Elle passe trois mois parmi eux, et observe la manière dont ils ont survécu dans un environnement aussi hostile  - le désert - grâce à leur grande connaissance des plantes, des poisons et de leurs antidotes. 

Ils ne s’approprient pas les éléments du passé comme nous. Ils sont dans la réalisation plutôt que la conservation

L’homme de Néandertal : le délit de sale gueule 

Elle comprend alors que la hiérarchisation des races est à bannir, cette classification des races humaines inaugurée au XIXe siècle. Elle s’interroge sur ce que le « Sauvage » et le « Préhistorique », comme on disait alors, ont en commun. Deux entités qui vont être stigmatisées de la même manière : des « non-civilisés » et des « arriérés » car sans écriture et sans histoire. C’est le mythe dominant d’une Préhistoire sauvage et belliqueuse. 

L’un comme l’autre sont dévalorisés au profit de l’homme blanc occidental et ce jusqu’au milieu du siècle dernier. 

L’apport des nouvelles technologies 

Grâce à l'ADN et à l'informatique, les connaissances sur la Préhistoire s’améliorent sans cesse. 

Marylène Patou-Mathis est actuellement directrice de recherche au CNRS rattachée au département Préhistoire du Museum national d’histoire naturelle (MNHN).  Elle a été le commissaire de "Neandertal l'Expo" qui s'est tenue au MNHN jusqu'en janvier 2019 et qui sera itinérante à Montpellier puis au Canada en 2019

Marylène Patou-Mathis, dans l'exposition "Neandertal" qu'elle a conçue et qui était présentée au Musée de l'Homme à Paris jusqu'en janvier dernier
Marylène Patou-Mathis, dans l'exposition "Neandertal" qu'elle a conçue et qui était présentée au Musée de l'Homme à Paris jusqu'en janvier dernier © AFP / Stéphane de Sakutin

Parmi les livres de Marylène Patou-Mathis

Vous avez entendu des extraits de : 

  • La conférence de l'ethnologue Claude Levi-Strauss sur le thème : "race et culture", qui s'est tenue en janvier 1971 à l'UNESCO  à l'occasion de l'année internationale de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale
  • Ao le dernier Neandertal, le film de Jacques Malaterre,  sorti sur les écrans en 2010 et sur lequel Marylène Patou-Mathis a été conseillère scientifique 

La play-list de l'émission : 

  • My Way, Nina Hagen (1985) 
  • It's a man's man's man's world, Sekouba Bambino (2002) 
  • Bad guy, Billie Eilish (2019) 

Les références du générique de l'émission : 

Le Temps est bon d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi

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