Le 18 septembre 1975, l'arrestation de Patty Hearst. Ou la journée particulière de Lola Lafon, musicienne et écrivaine.

L'héritière Patricia Hearst entourée de deux policiers fédéraux, alors qu'ils entrent dans la prison fédérale des jeunes à Pleasanton, Californie, le 15 mai 1978.
L'héritière Patricia Hearst entourée de deux policiers fédéraux, alors qu'ils entrent dans la prison fédérale des jeunes à Pleasanton, Californie, le 15 mai 1978. © AFP / UPI

Lola Lafon est l'auteure du roman « Mercy, Mary, Patty », paru cet automne. Elle y interroge l’histoire de Patricia Hearst. Le 18 Septembre 1975, cette riche héritière, fille et petite-fille de magnats de la presse américaine, était arrêtée à San Francisco.

Son père est à la tête d'un empire comprenant des quotidiens, magazines et chaines de TV et radio. Patricia Hearst est une jeune fille comme il faut, qui, jusqu’à son enlèvement le 4 février 1974, ne faisait que vider le compte bancaire de son papa. Deux mois plus tard, elle se rallie à la cause de ses ravisseurs, l'Armée de Libération Symbionaise (ALS). Et le jour de son arrestation, brandit en souriant ses poings menottés. Lorsqu'on lui demande son occupation professionnelle, elle répond : guérilla urbaine. Comment et pourquoi Patricia Hearst s’est-elle écartée de la voie qui lui était tracée? Comment est-elle passée du statut de victime idéale à celui de coupable ?

Quand on l’arrête, chacun se demande : " si elle est une marxiste terroriste, une pauvre petite fille riche, une zombie, une fille paumée ou une jeune fille en colère qui tient l'Amérique dans son viseur" (In Mercy, Mary, Patty)

L'affaire Patty Hearst s'étend du début de l'année 1974 jusqu'en 1976 : son enlèvement, ses messages audio provocateurs, sa participation au hold-up sanglant d'une banque, la prise d'assaut meurtrière d'une cache supposée de l'ALS par le FBI, puis l'arrestation de la jeune fille et enfin son procès.

Nous sommes au milieu des années 70, une époque où l’Amérique a peur de la contagion marxiste. Dans le pays, la rébellion gronde avec notamment un mouvement très puissant contre la guerre du Vietnam, symbole d'une jeunesse déstabilisée par la guerre, et qui découvrait le fossé profond entre les images télé du conflit et les récits des vétérans du Vietnam. Le FBI a dressé une liste des signes de radicalisation et a établi une liste de jeunes gens impliqués dans les mouvements pacifiques. L'Amérique n'est pas si belle que ça ! Une prise de conscience accentuée par la publication des "Pentagon Papers" qui fourmillent de révélations sur les stratégies cyniques de l'Administration et de la Maison Blanche non seulement en Asie du Sud-Est, mais aussi en Amérique latine (le coup d'Etat militaire au Chili en 1973). Richard Nixon est encore au pouvoir, mais plus pour longtemps, le scandale de Watergate l’obligera à démissionner durant l'été 1974.

Pour aller + loin :

A lire :

De Lola Lafon :

Et aussi :

A écouter, dans l'ordre de diffusion à l'antenne :

  • Kung fu fighting, Carl Douglas
  • Hey Joe, Patti Smith
  • Shutter island, Jessie Reyez

Et les références du générique de l'émission de Zoé Varier : « Le Temps est bon » d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi

A voir :

  • L'enlèvement de Patty Hearst, une guérilla américaine, un documentaire de Robert Stone (diffusé en 2007 sur Arte)
  • La prisonnière du désert, un western de John Ford (sur les écrans français en 1956)
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