Une journée particulière, c’est un jour pas comme les autres, inoubliable.. Et pour Christophe Boltanski, un jour où sa vie a rencontré l’histoire, avec un grand H.

Zoé Varier avec Christophe Boltanski
Zoé Varier avec Christophe Boltanski © Radio France / Rebecca Denantes

Christophe Boltanski est journaliste, grand reporter, écrivain, il a reçu il y a deux ans le prix Femina pour son roman « La cache ». Aujourd'hui, il est rédacteur en chef de la revue XXI.

Sa "journée particulière" ? Le 11 Novembre 2005. Ce jour-là, il est en Tunisie pour le quotidien Libération. Il fait une série d’articles sur l’état des droits de l'homme et de la liberté de la presse dans ce pays sous la coupe du dictateur Zine Abidine Ben Ali. En effet, le lendemain s'ouvre dans la capitale tunisienne le sommet mondial de l’information organisé par l’ONU. Ou plutôt le sommet de la désinformation !

Le 11 novembre 2005, à Paris, on célèbre l'Armistice de la Première Guerre Mondiale. Et un premier article de Christophe Boltanski paraît dans le journal Libération. Il y commente le passage à tabac des défenseurs des droits de l’homme alors qu’ils manifestaient leur soutien à des grévistes la faim. Le soir même, le journaliste se fait agresser au couteau devant son hôtel. C'est la première fois qu'un journaliste étranger se fait attaquer en Tunisie.

Christophe Boltanski est rapatrié en France le 12 novembre. Il arrive dans un pays en Etat d'urgence. Quinze jours auparavant, deux adolescents de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont été tués par électrocution en tentant d'échapper à des policiers. "Pourquoi Paris brûle-t-il ?" questionnait le magazine Time, CNN évoquait des risques de "guerre civile", El Pais tout en finesse, parlait d’Intifada française, Fox News de "Muslim Riots", d’émeutes musulmanes, et on comparait les ravages de l’ouragan Katrina à la violence de la révolte des banlieues.

L'année 2005, c'est aussi le 14 février, jour où l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri est assassiné dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth. Une étincelle qui a déclenché la "révolution du cèdre". Elle atteint son paroxysme le 14 mars 2005 : les Libanais sont massivement et pacifiquement descendus dans la rue pour désigner le coupable syrien et dire leur ras le bol de la mainmise de Damas sur le pays. Un mois et demi plus tard, la Syrie mettra fin à sa présence au Liban.

Christophe Boltanski était sur place pour décrire le départ des derniers soldats syriens. Un "printemps" libanais qui préfigurait celui des autres pays arabes six ans après...Le 5 juin 2005 , Samir Kassir, une des consciences du monde arabe, journaliste, historien, enseignant, grand intellectuel et défenseur acharné de l’indépendance du Liban, était à son tour assassiné dans un attentat à la voiture piégée.

En janvier 2011, Christophe Boltanski revient en Tunisie à l'occasion du "printemps" tunisien et de la chute de Ben Ali. Il révèle dans ses articles de L'Obs les connivences entre l'ex dictateur et l'Etat français.....

Pour aller + loin :

A lire :

A écouter :

  • Raoui, Souad Massi (_2001) _
  • Louxor j'adore, Katherine (Barclay 2005)
  • The camp, P.J.Harvey/Ramy Essam _(_Hot Head Music Limited, 2017)

Les références du générique de l'émission de Zoé Varier : « Le Temps est bon » d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi

Christophe Boltanski, alors journaliste pour Libération, est agressé à Tunis quelques jours avant l'ouverture du sommet mondial de l'Information.
Christophe Boltanski, alors journaliste pour Libération, est agressé à Tunis quelques jours avant l'ouverture du sommet mondial de l'Information. © AFP / FETHI BELAID
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