Automne 1981 à Paris, la future et géniale actrice, arrive tout droit de sa Belgique natale au volant d'une vieille deux chevaux Citroën. Timide et gauche, elle vient pour apprendre l’art de l’improvisation, clown ou bouffon, chez le maître Philippe Gaulier. Grâce à lui, elle découvre qu’elle veut en faire son métier

Yolande Moreau en 2003
Yolande Moreau en 2003 © AFP / Denis Charlet

En 1981, j’étais un peu évaporée du bocal quand même

En Belgique, Yolande Moreau avait fait du théâtre pour enfants. Elle fréquentait  les mouvements hippies de l’époque. Le stage chez Philippe Gaulier est une révélation : celle de la scène. « Il m’a fait découvrir que je voulais en faire mon métier ». Elle y crée un personnage : Polo, spectateur fictif à qui elle s’adresse quand elle monte sur scène. 

Etre sur scène c’est pas anodin. C’est complexe. Il y a toujours un mélange de deux choses : le rôle qu’on interprète et ce qu’on est dans la vie. On y arrive avec un corps, une manière de marcher. Il faut s’approprier un rôle. C’est moi et c’est pas moi 

Tu dois écrire, me disait Gaulier. J’y croyais pas à cette époque

La jeune femme apprend qu’il ne faut rien gommer de soi, casser les recettes et mécanismes traditionnels du comédien. Elle comprend qu’on n’est jamais aussi drôle qu'en jouant avec ses défauts.  Elle y apprend l’art d’être un clown ou un bouffon. Le premier est le théâtre de la blague, le second, un paria, un banni, qui vient dire la vérité du diable. Avant tout, la recherche de l’humain.« Chez Gaulier j’ai découvert que je faisais rire »

Puis elle joue pour la première fois avec un masque. Celui de la Commedia dell'arte qui permet une liberté de langage et d’improvisation. 

Et c’est masquée – un long nez avec des plumes de pan -  que Yolande Moreau joue son premier spectacle en 1982 au Festival du Rire de Rochefort en Belgique. Elle y remporte le Grand Prix. Son titre : "Sale affaire, du sexe et du crime » : « Je voulais un titre à sensation, type roman de gare, démenti par une affiche très austère ». L’histoire est dérangeante. Son personnage vêtu d’une robe rayée, les avant-bras couverts de sang, sac à la main dont un poireau dépasse, raconte comment elle a tué son mari... car trop gentil. Une histoire de la folie ordinaire comme les aime la comédienne. 

La rencontre avec Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff 

Elle passe une audition pour leur spectacle en préparation, « Lapin Chasseur », sans savoir que s’en était une !

Au début j’osais pas parler, et puis ils m’ont rassurée : « Quand tu marches tu racontes une vie

Les poèmes de Prévert 

Yolande Moreau est actuellement sur la scène du Théâtre du Rond -Point avec Christian Olivier, le chanteur des Têtes Raides, pour un spectacle musical en hommage au poète, à ses textes, ses poèmes, son engagement, sa conscience et son insolence.  « Avec Prévert on passe du rire aux larmes. Il part dans tous les sens. Il est contre tous les pouvoirs et parle beaucoup des violences de la vie. Ses textes rentrent toujours en résonance avec l’actualité, comme aujourd’hui avec les Gilets Jaunes »

On en a parlé : 

Prévert, un spectacle musical par Yolande Moreau et Christian Olivier au Théâtre du Rond-Point, du 15 janvier au 10 février 2019, à 18h30, salle Renault-Barrault. 

Et aussi : 

les poèmes de Jacques Prévert entendus à l'antenne : 

La play-list de l'émission : 

  • Let's groove, Earth Wind&Fire (1981)
  • Elle est d'ailleurs, par Philippe Katerine/paroles de Pierre Bachelet (2019) 
  • Not easy to cook, Cannibale (2012)

Les références du générique de l'émission :

Le Temps est bon d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi

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