A l’été 1976, Gilles Clément quitte sa Creuse natale et part à la recherche d'une nouvelle maison. Il va sillonner la France pour trouver une place et un jardin où vivre.

Piscine vide lors de la grande sécheresse pendant l'été 1976, en France.
Piscine vide lors de la grande sécheresse pendant l'été 1976, en France. © Getty / François Lochon

Gilles Clément est ingénieur horticole, paysagiste, il enseigne à l'école Nationale supérieure du paysage de Versailles, mais avant tout il est jardinier. 

Le 17 Mai 1976,  il est chassé de sa maison d'enfance, celle dans laquelle il a compté et recompté les nervures des ailes de libellules, la maison de son premier herbier, de sa première boite à insectes, de son livre sur les traces d’animaux et celui des souvenirs de Jacques-Henri Fabre.  

Alors cet été 1976, le jeune homme se prépare à l’errance.  Il prend sa camionnette, des cartes routières numérotées de 51 à 90, et un matelas, et sillonne l'Hexagone à la recherche d'une nouvelle maison et d'un jardin où vivre.  Cet été 1976 est celui de la grande sécheresse, et le futur paysagiste découvre une France à la terre craquelée, où les paysages ressemblent parfois à ceux du Sahel. 

Gilles Clément a finalement trouvé son jardin : un vallon et un petit bois clair à quelques kilomètres seulement de la maison de son enfance, en Creuse, dans la vallée des papillons. C'est dans ce jardin qu'il a expérimenté sa théorie du jardin en mouvement et qu'il a pensé le tiers paysage et le jardin planétaire.

Cette grande sécheresse de 1976 n'impacte pas que la France : au sud du Pays de Galle, un lac a été presque complètement asséché.
Cette grande sécheresse de 1976 n'impacte pas que la France : au sud du Pays de Galle, un lac a été presque complètement asséché. © Getty / Keystone-France
Pendant la sécheresse d'été de 1976 en France, les soldats de l'armée française ont aidé les fermiers à ramener le blé dans leurs fermes après la récolte
Pendant la sécheresse d'été de 1976 en France, les soldats de l'armée française ont aidé les fermiers à ramener le blé dans leurs fermes après la récolte © Getty / Keystone-France

Pour aller plus loin 

A lire : 

De Gilles Clément : Le salon des berces (Nil, 2009) ; Manifeste du tiers paysage (Sujet/Objet, 2003)

Sa leçon inaugurale au Collège de France en 2011 sur le thème : Jardins, paysage et génie naturel. Disponible ici 

Et aussi le site de Gilles Clément pour découvrir ses livres, ses expositions et ses concepts de jardins (en résistance, planétaire, en mouvement)

De Matthew B. Crawford : Éloge du carburateur, Essai sur le sens et la valeur du travail (La Découverte, 2010)

De Jacques-Henri Fabre : Souvenirs entomologiques, tome 1, (Robert Laffont, 1989)De René Dumont : L'Afrique noire est mal partie, L'agronome de la faim, L'utopie ou la mort (parus au Seuil) 

A voir : 

Un extrait du documentaire d'Olivier Comte  : "Le jardin en mouvement, Gilles Clément" (diffusé sur FranceTélévisions en 2013)

A écouter : 

Les trois titres musicaux diffusés durant l'émission sont : 

  • Aujourd'hui la crise, Jacques Higelin (album Alertez les bébés, 1976)
  • Radioactivity, Kraftwerk (1975)
  • Time, Lee Field/The Expressions (2017)

Et les références du générique de l'émission de Zoé Varier : « Le Temps est bon » d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi

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