Le 27 avril 1994, Mandela est élu Président de l'Afrique du Sud avec 62% des voix aux termes des premières élections libres et multiraciales.

"Que règne la liberté" :  l’harangue de Nelson Mandela le 10 mai 1994 à Pretoria quelques jours après son élection
"Que règne la liberté" : l’harangue de Nelson Mandela le 10 mai 1994 à Pretoria quelques jours après son élection © AFP / WALTER DHLADHLA

Barbara Cassin est chercheuse au CNRS, philosophe, philologue, germaniste et helléniste. Sa journée particulière : le 27 avril 1994, ce jour-là Mandela était élu Président de l'Afrique du Sud avec 62% des voix aux termes des premières élections libres et multiraciales. Lors de son discours d'investiture, le 10 mai, devant un parterre de chefs d'Etat du monde entier, il lance un appel à la réconciliation et à la création d'un peuple arc-en-ciel.

Ces élections démocratiques qui ont portées Nelson Mandela au pouvoir ont eu lieu grâce à un compromis négocié avec la minorité blanche : la tenue des élections libres contre une forme d'amnistie. Bénéficieraient de cette amnistie tous ceux qui viendraient confesser publiquement leurs exactions devant une commission qu’on a appelé la Commission Vérité et Réconciliation. L'apartheid avait duré 30 ans et toutes les archives avaient été détruites, il ne s'agissait pas d'oublier pour continuer à vivre avec les autres, mais au contraire de construire un passé commun pour constituer une communauté qui n'existait pas encore : le peuple arc-en-ciel que Mandela appelait de ses vœux. La Commission Vérité et Réconciliation a été une tribune pour les victimes. Pour la première fois des gens qui n'avaient jamais eu droit à la parole ont pu venir s'exprimer et raconter leur histoire.Cette commission souveraine n'était pas présidée par un juge mais par un prix Nobel de la Paix, Desmond Tutu. Elle n'instruisait pas un procès, elle ne prononçait pas de peines. Elle entendait les dépositions et accordait les amnisties.

Lors du printemps 1994 débute aussi le génocide au Rwanda. Le 6 avril, à Kigali, l'avion du président Habyarimana était abattu par un missile. Un événement qui marque le déclenchement du génocide. Durant trois mois, près de un million de Rwandais en majorité Tutsi ont été massacrés. Mais à cette période, dans les médias, il n'y en a que pour le célèbre coureur brésilien de Formule 1, Ayrton Senna, décédé sur le circuit d'Imola (Italie) le 1er mai.

Pour aller + loin :

A lire :

A regarder :

La commission de la vérité, le formidable documentaire d'André Van In qui filme la préparation et la tenue des audiences publiques de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine (1999)

A écouter :

  • Hurry mama hurry (khawuleza), par Miriam Makeba
  • Girls and boys, par Blur
  • Cet air, par Fatoumata Diawara, Toumani et Sidiki Diabate

Les références du générique de l'émission de Zoé Varier : « Le Temps est bon » d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi

« Quelqu'un d'ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi — qui vient de la connaissance qu'il ou elle a d'appartenir à quelque chose de plus grand — et qu'il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou opprimés. » Desmond Tutu

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