Ce jour-là la future psychanalyste, coupe à la garçonne et robe Christian Dior, épouse à 15 ans le séduisant acteur, rencontré un an avant à Naples sur le tournage de “Madame Sans-Gêne”. Sa mère Françoise Giroud, directrice de l'Express, fait confiance à sa fille et accepte sa décision malgré la différence d'âge.

7 juin 1962, Caroline Eliacheff se marie avec Robert Hossein
7 juin 1962, Caroline Eliacheff se marie avec Robert Hossein © Caroline Eliacheff (Photo personnelle)

Une jeune fille de son époque 

Sa mère aurait pu casser le projet de la jeune Caroline encore mineure, (la majorité est alors fixée à 21 ans) en l’envoyant dans un pensionnat en Angleterre, mais au final, considérant que sa fille était responsable. « Elle m’a aidé à passer de l’état de petite jeune fille à celui de jeune femme. Avec ce mariage, je n’ai eu aucun problème ni avec la société, ni avec ma mère, ce qui aujourd’hui paraît extravagant » 

La seule chose que Françoise Giroud exige alors de sa fille c’est qu’elle poursuive ses études, même si l’idée d’arrêter sa scolarité n’a alors jamais effleuré la jeune Caroline. « Je voulais faire médecine et je l’ai fait », et ce malgré les paparazzi qui font le pied de grue en bas de chez elle. 

Voilà ce qu’on pouvait lire dans le quotidien Paris Jour le jour des noces : «  Robert Hossein-Caroline : mariage secret aujourd’hui », « Dans la propriété où Robert Hossein se marie, il n’y aura autour de lui que les parents directs et les témoins de la cérémonie. A 34 ans le comédien va commencer une nouvelle vie, quant à Caroline, il est peu probable qu’elle continue ses études, elle avait réussi à faire sa seconde par correspondance, mais renoncera sûrement aux lauriers du baccalauréat pour devenir une parfaite femme d’intérieur. »

Caroline Eliacheff, est alors une jeune fille de son époque,  e poste de radio est sans cesse branché sur l’émission phare « Salut les copains », et elle sort tous les soirs au théâtre. En 1962 Françoise Hardy passait pour le première fois à la télévision, Claude François chantait « Belle belle belle », Johnny Hallyday était « l’idole des jeunes », les Chats Sauvages twistait à « Saint-Tropez ».

Une mère comme toutes les autres mères, qui a fait comme elle a pu 

« J’ai toujours eu du mal à parler de la relation avec ma mère. Une relation incompréhensible. On n’était pas très proches  -Je n’étais pas au centre de sa vie, ni elle au centre de la mienne – tout en étant très solidaires. Elle ne m’a jamais critiqué, la seule remarque qu’elle m’ait faite ? « Tu es mal coiffée ! ». 

La petite fille grandit avec la certitude d’être aimée, même si elle ne voit pas souvent sa mère. Pour ses sept ans, Françoise Giroud lui adresse une magnifique lettre d'anniversaire qui sera publiée dans le magazine Elle, dont elle dirige la rédaction au début des années 1950.  Elle se conclut ainsi : 

Soyez secrète si vous souhaitez être forte et soyez tendre si vous souhaitez être belle. Secrète, forte, tendre, et belle. Oui, voilà Mademoiselle comment j’espère vous voir le soir de vos vingt ans. Alors quel que soit votre destin, je sais que vous l’assumerez avec dignité. Voilà sans doute un lourd programme pour une si petite fille. Il n’est pas encore temps pour vous de faire halte le jour de votre anniversaire sinon pour vous assurer que l’on vous entoure, pour vérifier vos points d’appui. Alors effaçons tout et recommençons. Un anniversaire, Mademoiselle, c’est tout simplement une façon de dire : « je suis là et je vous aime ».

Devenir pédopsychiatre : une décision prise très jeune

Pour moi, c’était le moyen de mieux comprendre ce qui se passait dans ma propre famille où on ne se parlait pas beaucoup ni de nos émotions ni des événements passés dans les générations précédentes. Beaucoup de secrets et de non-dits.

Caroline Eliacheff est déjà une psychanalyste confirmée lorsqu’elle rencontre Françoise Dolto en 1986 en assistant à ses consultations, les deux dernières années où elle a exercé auprès des tout petits placés par l’aide sociale à l’enfance à la pouponnière d’Antony en région parisienne. 

Elle a publié à la fin de l’été dernier un livre sur la grande psychanalyste des enfants, comme un hommage pour celle dont l’héritage a été sous-estimé. Critiquée par l’institution psychanalytique, Dolto est jugée trop intuitive. On lui  reproche d’avoir contribué au couronnement de l’enfant. 

On en a parlé :

Les livres de Caroline Eliacheff

Vous avez pu entendre : 

  • "Dactylo rock", Les Chaussettes Noires et Eddy Mitchell (1961)
  • "Big Girls Don't Cry", Franckie Valli et The Four Seasons (1962) 
  • "Good Day", Jonathan Jeremiah (2018)

Les références du générique de l'émission :

"Le Temps est bon" d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi 

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