Rencontre avec la chercheuse Audrey Dussutour : il y a bientôt dix ans, elle a découvert dans son laboratoire de Sydney une sorte de champignon gluant - le "Blob".

Un blob observé par Audrey Dussutour
Un blob observé par Audrey Dussutour © Audrey Dussutour

Rediffusion de l'émission du 1er octobre 2016

Une rencontre qui bouleversa la vie de la biologiste, qui vient quelques mois plus tôt de réussir le concours du CNRS. Ce jour-là, Audrey Dussutour travaille dans son laboratoire de Sydney en Australie où elle termine un séjour de trois ans. Son mentor Steve Simpson, nutritionniste de génie spécialiste de l'obésité, lui propose alors de pratiquer une expérience de nutrition sur une sorte de champignon gluant.La biologiste a pourtant la tête ailleurs puisqu'elle s'apprête à rentrer en France pour intégrer le CNRS - une consécration professionnelle - où elle va étudier le comportement des fourmis et des organismes unicellulaires. Mais ce champignon l'intrigue : on le dit jaune, informe et mouvant. Certains collègues l'appellent vomi de chien ou caca de lune !

Mais quand la jeune femme le voit pour la première fois c’est une déception : la chose est immobile, visqueuse et sent le moisi. En plus, il faut la bichonner : la protéger de la lumière et la nourrir. Ce que fait Audrey Dussutour en la plaçant dans un carton et en l'alimentant avec des flocons d’avoine. Puis elle est rentrée chez elle. Bref cette première rencontre avec ce truc ne fut pas du tout un coup de foudre. Loin de là.

C'est le lendemain que tout a basculé. En ouvrant le carton, la scientifique découvre que la chose a mangé tous les flocons d’avoine et a doublé de volume. En souvenir d'un film d'horreur des années 50 où un organisme étranger ressemblant à une gelée anglaise, dévore tout sur son passage, Audrey Dussutour décide de nommer la chose le Blob. C'est un espèce non identifiée : ni un animal ni un végétal ni un champignon. Un organisme apparu il y a 500 millions d’années. Une masse qui grossit continuellement. Ses capacités sont pourtant extraordinaires. Le blob n’a pas de bouche mais il mange ou plutôt il engouffre. Un blob d’une taille de deux euros fera, après 15 jours de régime aux flocons d'avoine, 17 mètres carrés ! Le blob n’a pas d’oreilles ni d’yeux ni de nez et pourtant il sent. Le blob n’a pas d’estomac et pourtant il digère. Le blob n’a pas de cerveau mais pourtant il apprend, il de la mémoire, et il peut trouver la sortie d’un labyrinthe.

En bref : le blob bouscule la définition même d’individu, qui, du point de vue étymologique, veut dire « indivisible ».

Pour aller + loin :

A lire :

·                   Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans jamais osez le demander, Audrey Dussutour (Ed. des Equateurs, 2017) 

·                   Le communiqué de presse du CNRS sur le "blob" en avril 2016

·                   La page Facebook d'Audrey Dussutour

·                   Le blob, cet étrange génie visqueux, ni plante, ni animal, ni champignon, un article de Nathanaël Herzberg dans Le Monde (site payant)

A écouter : 

  • Back to back, Amy Winehouse
  • Moan snake moan part III, The bear snake, Bror Gunnar Janson
  • Couscous-boulettium, Ramon Pipin's

Les références du générique de l'émission de Zoé Varier : Le Temps est bon d’Isabelle Pierre remixé par Degiheug

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