Elle est la doyenne de la photographie humaniste française. Sabine Weiss, mise à l'honneur à Arles cette année, a immortalisé aussi bien les puissants que les pauvres, les célébrités que les anonymes, témoignant du quotidien d'une époque disparue.

Sabine Weiss
Sabine Weiss © Radio France / Vincent Josse

Son travail s'est placé sous le signe de la variété: Le matin, c'était shooting de mode, le soir, les ballades nocturnes, appareil photo à la main, avec son mari pour capturer des instants de vie dans les rues de Paris. On envoyait Sabine Weiss dans tous les pays du monde pour photographier les rois et les puissants, mais elle en profitait toujours pour saisir aussi le quotidien des habitants des lieux. 

Pour son premier grand reportage, elle avait été chargée de se rendre au Portugal, au moment de son entrée dans l'OTAN, pour photographier tout le pays. Elle y rencontrera notamment Amalia Rodrigues. 

Elle reconnaît que ses photographies constituent un témoignage inédit d'une époque sans doute révolue: "Heureusement que j'ai photographié [cette époque], car c'était une période tout de même plus marrante, plus jolie, que les périodes actuelles, je crois. Mais peut-être que je me trompe."  

Sabine Weiss a donc photographié la richesse la plus abondante comme la misère la plus dramatique. Elle s'est ainsi aperçue des déterminismes sociaux déjà à l'oeuvre dans l'enfance:  "c'était saisissant de voir sur un visage de 4 ans toute une vie, toute la misère. Un regard symbolise tout". 

Les enfants ont d'ailleurs été les personnages les plus présents dans ses photographies, car elle aimait leur sourire, jouer avec eux. L'une de ses photographies les plus connues est celle de cette petite fille, qu'elle a rencontré en Corse en 1968. 

Le travail photographique de Sabine Weiss, c'est ainsi la délicatesse et la gentillesse d'un regard, qui saisit les expressions sans porter de jugements, réussit à restituer la spontanéité d'un instant. 

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