Elle est la doyenne de la photographie humaniste française. Sabine Weiss, mise à l'honneur à Arles cette année, a immortalisé aussi bien les puissants que les pauvres, les célébrités que les anonymes, témoignant du quotidien d'une époque disparue.

Sabine Weiss
Sabine Weiss © Radio France / Vincent Josse

Lorsqu'elle travaillait à l'agence Rapho, elle retrouvait à l'heure du thé, tous les photographes du quartier, rien de moins que Robert Doisneau, Willy Ronis ou encore Cartier-Bresson, dans une athmosphère sympathique. 

Femme dans un monde d'hommes, Sabine Weiss n'a pourtant jamais considéré que cela représentait pour elle un handicap, même si elle reconnaît qu'elle a parfois été dénigrée parce qu'elle était une femme. Elle raconte par exemple comment dans un évènement "où il y avait beaucoup de photographes, je me faufilais et ils me disaient "Non, non, non ma petite dame ! Laissez-faire les photographes ! Alors, je faisais mes photographies quand même : je ne me laissais pas faire.""

Plus qu'un regard de femme dans sa manière de photographier, elle considère que la spécificité de son regard, c'est "l'amour des indigents, des gens de la rue, qui me touche beaucoup." Issue d'une famille bourgeoise, n'ayant jamais manqué de rien dans son enfance, elle considère qu'elle ne voyait ainsi à l'époque pas la pauvreté dans ces visages abîmés, déchirés, mais le regard, les personnages. 

Son regard, elle le qualifie rétrospectivement de "quotidien, immédiat, fouillant les choses, s'imposant aussi. Parce qu’il faut s’imposer aussi quand on fait une photo". Sabine Weiss considère d'ailleurs qu'elle était assez prétentieuse à l'époque, n'étant pas très intéressée par le travail des autres, le sien seul lui suffisant. 

De fait, rares sont les photographes ayant travaillé dans autant de domaines différents, comme elle le reconnaît encore aujourd'hui. 

L'équipe