Retour à Montsauche-les-Settons, où la maire Marie Leclerq et la conseillère municipale Marie-Claudine Bouché-Pillon racontent leur "bagarre au quotidien" pour garder les services publics, convaincues que leur départ nourrit le vote d'extrême-droite.

Marie-Claudine Bouché-Pillon, conseillère municipale et Marie Leclercq, maire de Montsauche-les-Settons
Marie-Claudine Bouché-Pillon, conseillère municipale et Marie Leclercq, maire de Montsauche-les-Settons © Radio France / Antoine Giniaux

L'ancienne trésorerie a fermé il y a déjà huit ans, il faut porter la recette du camping municipal à Château-Chinon, à 30 km, "et maintenant ils sont même en train de nous fermer en partie Château-Chinon, notre contact sera à Nevers !". Un éloignement physique et humain : "avant on connaissait, on appelait, la personne voyait ce qu'elle pouvait faire, regrette Marie-Claudine Bouché-Pillon. Maintenant c'est "non". C'est très dur, il y a un manque d'humanisme". 

La Poste est toujours là, mais elle ne sera bientôt plus ouverte que l'après-midi, tenue par le facteur après sa tournée. C'est au moins cela de sauvé, avec la gendarmerie, le collège et la maison de santé, mais "c'est vrai que cela a été ressenti comme un abandon, la fermeture des services publics".

A Montsauche-les-Settons, Marine Le Pen avait réuni 38% des voix au second tour de la Présidentielle de 2017 (40% sur l'ensemble de la Nièvre, 33,9 au niveau national). Le sentiment de relégation joue-t-il en faveur du vote Rassemblement national ? "On n'a pas de personne étrangère, on n'a pas de migrant, mais beaucoup de chômeurs, donc ça vient certainement de quelque chose, et on pense que les gens ici ne se sentent pas écoutés, abandonnés", approuve Marie-Claudine Bouché-Pillon. "S'ils se sentaient soutenus, aidés au quotidien, ça changerait sans doute", ajoute Marie Leclercq, qui veut croire elle aussi qu'il s'agit avant tout d'un vote protestataire.

Et le sentiment d'abandon, la conseillère municipale semble le partager : "il y a quelques années, je me demandais comment on pouvait voter pour ce parti [NDLR : le Rassemblement national], maintenant presque j'arrive à les comprendre, ça craint !". Marie-Claudine Bouché-Pillon estime que "les gens ne voient pas le danger", même les bénéficiaires des aides sociales qui, elle en est convaincue, auraient le plus à perdre d'une victoire de l'extrême-droite.

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