Pascal Picq, paléo-anthropologue et Maître de conférences au Collège de France, spécialiste de l’évolution de l’Homme, des grands singes, auteur de « Et l'évolution créa la femme » (Odile Jacob) et de « S’adapter ou périr » (Edition de l’Aube)

Portrait de Pascal Picq, paléoanthropologue et Maître de conférences au Collège de France, spécialiste de l’évolution de l’Homme, des grands singes, à Paris le 13 novembre 2019.
Portrait de Pascal Picq, paléoanthropologue et Maître de conférences au Collège de France, spécialiste de l’évolution de l’Homme, des grands singes, à Paris le 13 novembre 2019. © Getty / Eric Fougere / Corbis

Pascal Picq, paléo-anthropologue et maître de conférences au Collège de France a tenté de comprendre l'origine de la domination masculine dans son dernier livre Et l'évolution créa la femme (Odile Jacob, 2020). Il a voulu comprendre d’où venait le fléau des violences faites aux femmes. Est-ce une malédiction que nous avons reçu en héritage de la part de nos lointains ancêtres. Visiblement non. Les humains que nous sommes seraient même de la pire espèce, celle dans laquelle le mâle va jusqu’à tuer la femelle, ce qui n’existe nulle part ailleurs. A ne parler que de l’évolution de l’homme, même avec un grand H, on est passé à côté de celle des femmes. 

Le fait que les mâles soient universellement violents envers les femmes, dans toutes les cultures ou presque,  pourrait signifier qu’il y a du déterminisme génétique, hormonal, naturel… Or ce n’est pas le cas. L'homo sapiens est beaucoup plus coercitif envers les femmes que les singes ou les grands singes. Non seulement on observe chez lui les comportements coercitifs connus chez les singes et les grands singes, mais il innove, à travers l’organisation sociale. L’habitat, avec qui on vit, qui s’occupe des enfants, on confine les femmes dans des lieux domestiques, on les place sous surveillance, on contrôle la sexualité des femmes. Aucune espèce de singe ne pratique les ablations physiques. Les sociétés humaines sont obsédées par le contrôle de la sexualité féminine.

Pascal Picq publie également S’adapter ou périr (Editions de l'Aube, 2020). Un livre d’entretien qui concerne la crise du Covid. Quelle lecture fait un anthropologue évolutionniste de cet événement planétaire ? Cette pandémie nous rappelle qu’on fait partie d’un éco-système, Qu’on évolue avec les autres espèces ? Le Covid a émergé, dit Pascal Picq, au cœur d’une civilisation qui méprise la nature. C’est une forme d’alerte ?

Outre Et l'évolution créa la femme (Odile Jacob, 2020) et S’adapter ou périr (Editions de l'Aube, 2020), Pascal Picq publie également en ce moment Le retour de Madame Neandertal (Odile Jacob Poches, 2020) et Chez les chimpanzés, il n’y a pas besoin d’arbitre (Cherche midi, 2020). 

Egalement au sommaire de cette émission

  • Le Mix de l'Actualité, le résumé sonore de l'actualité de la semaine. Par Anne-Cécile Périn.
  • Les Bonnes Ondes, à la découverte d’un atelier numérique qui lutte contre l'illectronisme, Emmaüs Connect, pour celles ceux qui sont perdus quand il s’agit de se servir d’un ordinateur et de surfer sur internet. Par Maxime Tellier

Programmation musicale

  • The Beatles - Lucy in the sky with diamonds
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  • Pascal PicqPaléoanthropologue, maître de conférences au Collège de France
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