Véronique Margron, est présidente la Conférence des religieux et religieuses de France, et ancienne doyenne de la faculté de théologie d’Angers. Elle réagit au rapport Sauvé, qui montre que les violences et les agressions sexuelles commises dans l’Eglise depuis 1950 est un phénomène massif.

Véronique Margron, Présidente de la CORREF : la Conférence des religieux et religieuses de France le 5 octobre 2021, à Paris.
Véronique Margron, Présidente de la CORREF : la Conférence des religieux et religieuses de France le 5 octobre 2021, à Paris. © AFP / THOMAS COEX / POOL

Véronique Margron, religieuse dominicaine, ancienne doyenne de la faculté de théologie d’Angers, a  depuis longtemps alerté sur les violences sexuelles au sein de l’Eglise catholique. Elle préside la Conférence des religieux et religieuse de France, une des deux structures qui ont commandé le rapport de la commission Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Eglise. Ce rapport publié mardi dernier, fait état d’au moins 260 000 victimes depuis 1950, sans compter les victimes des laïcs liés à l’Eglise. Un constat accablant qui suscite de nombreuses interrogations : 

Quelle peut être la réponse au scandale actuel ?  L’Eglise peut-elle se réformer ? et Comment ? Quelles pourraient être les mesures de réparation pour les victimes ?

A toutes les questions soulevées par les résultats de la commission Sauvé, Véronique Margron y répond avec son livre « Un moment de vérité » publié en 2019 chez Albin Michel. Que doit faire l’Eglise catholique pour remédier aux problèmes des violences sexuelles ? Elle cherche à résoudre le problème à la racine, questionne la définition du péché, en particulier du péché de chasteté, qui ne différencie pas la sexualité criminelle de celle non criminelle, telle que l’homosexualité, les relations hors mariage, la contraception etc. Elle aborde également le problème du secret de la confession, du droit canonique et de sa relation au droit républicain, sans oublier le poids du système patriarcal dans l’Eglise catholique. 

Ce rapport montre deux désastres : ce désastre de peuple de vies brisées à l'intérieur de l'Eglise, et le deuxième, c'est celui de nos institutions, que nous pensions si solides, qui ont failli à protéger les enfants, à les entendre, à signaler et à poursuivre les auteurs de ces forfaits. 

L'ampleur montre ce caractère systémique, presque endémique de ces violences, du silence qui les a entourées

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