MOHAMED
MOHAMED © Radio France / Aurélie Charon

Une série française – donne la voix tout l’été, aux jeunes français. Ou plutôt, on tente entre nous, de mieux se connaître. Pendant un été de s’entendre, de s’écouter, sans trop juger. Puisque sans s’en rendre compte, on peut vite rester dans son quartier, dans son village, dans son coin. On peut vite, sans le réaliser, se replier, et même peut être, s’imaginer qu’on a des ennemis.

Il y a un fossé déjà, entre ceux qui ont presque 25 ans aujourd’hui, et ceux qui en ont 15. On n’est pas nés tout à fait dans le même monde. Les ados d’aujourd’hui seraient un peu moins rêveurs, un peu plus réalistes, d’après Amir et Mohamed, professeur et surveillant en collège et lycée. Il y a très fort chez leurs élèves la volonté de trouver des réponses. Puisque ce n’est pas auprès des hommes politiques, puisqu’il y a de moins en moins d’idéaux de société, c’est souvent dans la religion.

Mohamed, 24 ans, Marseille

Dans son casque : Fonky Family, L’amour du risque

Son talent : le ballon

Mohamed lui à Marseille, dit « on est réveillés dans notre tête ». C'est-à-dire : le rêve, on a donné. On ne compte plus vraiment dessus. Mais il s’engage auprès des jeunes de son quartier, pour les aider, il est surveillant au collège où lui aussi a été, Versailles dans le 3ème arrondissement. Le quartier il le connaît par cœur, Mohamed est arrivé à Marseille à 8 ans en venant d’Algérie. C’était en 98, en pleine Coupe du Monde. Il a d’ailleurs failli devenir footballeur, il a joué dans un club anglais jusqu’à ses 17 ans, mais comme il est cardiaque, il a du arrêter. Il travaille pour aider sa mère, et s’est découvert une passion pour les « petits » comme il dit, les ados du collège où il est surveillant…le collège Versailles, réputé pour être : la jungle .

Le collège Versailles où travaille Mohamed
Le collège Versailles où travaille Mohamed © Radio France / Aurélie Charon

Il est dans le 3è arrondissement, construit sous l’autoroute, dans un quartier où certaines familles parfois, n’ont pas l’eau ou l’électricité. Mohamed dit : j’étais comme eux . C'est-à-dire, un peu perdu, avec une tendance à faire quelques bêtises. Il a tenté quelques semaines en fac de médecine (entre autres, pour draguer les filles), il a fait agent de sécurité, mais sa vocation c’est les jeunes. Il veut faire ça à temps plein. On le dit sévère, mais juste. Il leur prépare un tournoi de foot, et un bal de fin d’année.

Amir, 24 ans, Gaza/Paris

AMIR
AMIR © Radio France / Aurélie Charon

Dans son casque : le Chant des Partisans

Dans son sac : Pas pleurer , Lydie Salvayre

Pour ouvrir la série, dans le premier épisode, on a entendu Amir, 24 ans, qui a grandi à Gaza et donne des cours d’arabe à Paris (aux Lycées Voltaire et Henry IV, et à l'Institut du Monde Arabe). On le retrouve pour avoir le regard d’un nouveau jeune français. Lui, il pense qu’on est séparés. Les jeunes, les vieux. Les plus aisés, les plus pauvres. Il pense qu’on donne un peu trop dans la fatalité, et que si on s’engageait, les choses pourraient changer. Qu’on ne rêve pas assez.

Amir a grandi 23 ans à Gaza, avant d’arriver à Paris. C’est étrange de se dire que tout ce qu’il a dit, pensé, formulé jusqu’à ses 20 ans l’a été en arabe. Sur Facebook il écrit : «aujourd’hui cela fait 5 ans que j’ai commencé à apprendre le français, je ne savais pas qu’on pouvait aimer des gens en langue étrangère ». La première année, il avait coupé les ponts avec Gaza, pour respirer. Maintenant, il renoue le dialogue. Et en riant il dit qu’il est devenu français : c'est-à-dire stressé, et toujours pressé.

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