De gauche à droite : Pierre, Nour, Robin, Maxence, Elvire
De gauche à droite : Pierre, Nour, Robin, Maxence, Elvire © Radio France / Aurélie Charon

Une série française – vous venez d’entendre des voix qui sont en studio avec moi. Des voix qui tout l’été ont parlé. Des jeunes françaises et français. On était partis de leur envie de ne pas être rangés dans des cases. On a admis qu’on ne se ressemblait pas forcément. On a cherché ce qu’on voulait mettre en commun puisqu’on partage un pays et un avenir. Ensemble on a parlé de notre devise. Le mot liberté est revenu souvent. Le mot déception aussi. La méfiance, face à ceux qui tenteraient de parler en leur nom. Les yeux au ciel souvent, dès qu’on prononçait politique ou médias . Mais il y a dans les vies qu’on a mises sur écoute, le contraire de la fatalité, l’action. Sauf que ça, ça ne fait pas de bruit. Ça n’est pas spectaculaire. Ça ne se poste pas sur Youtube. Ça ne se partage pas d’un clic – et il n’y a pas 1 millions de vues et pourtant : les jeunes français, ils se disent « révolutionnaires », encore, avec le sourire, la force, et l’envie d’être à la hauteur de leur idée à eux, de la France, multiple.

Elvire a dit : "J’ai peur qu’on se sépare, qu’on arrive plus à se comprendre."

Pierre : "Je ne me résignerai pas."

Nur : "C’est nous les français, c’est à nous de changer."

Et Robin : "Je vois la vie comme un combat."

Il y a la nécessité après avoir dit « je » tout l’été, de dire « nous ». De se réunir. Le temps d’une heure créer une petite assemblée, éphémère mais volontaire. Avec leurs voix qui s’additionnent, se superposent, ils donnent le ton, le La de la France de demain. La conclusion de cette série pourrait être : on a besoin d’émotions. Nous sommes une génération qui veut des émotions. Ensemble et en même temps, des émotions collectives. Mais pas comme en janvier dernier. On n’a pas besoin de pleurer ensemble. On a envie de discours inspirés, d’actions puissantes, de combats collectifs. Qui nous diraient : les choses sont à venir. En fait on peut aussi faire l’Histoire, en fait, on a un rôle à jouer, et même : on est responsables, du fait que demain on pourra redire avec fierté : je suis français.

Pour inaugurer l’avenir, on commencera par ouvrir des micros, pour qu’en parlant ils nomment avec leurs mots, la France qui leur ressemble. On a besoin d’émotions, et c’en est une d’être réunis, en studio, avec autour de moi, ceux qui ont parlé cet été : Robin, Nour, Elvire, Pierre, Maxence . Ils sont 5 en studio. Ils ne se connaissent pas et pour clore l’été, on leur a proposé de se rencontrer.

De gauche à droite : Robin, Pierre, Maxence, Nour, Elvire
De gauche à droite : Robin, Pierre, Maxence, Nour, Elvire © Radio France / Aurélie Charon

Robin, 24 ans. Marseille.

Dans son casque : Columbi, Chjami Aghjalesi

Sur son corps : un tatouage « MIA » sur le bras

Robin a grandi dans les quartiers Nord de Marseille, a lu son premier livre en prison, il est berger en Corse, veut passer le bac cette année, adore Nietzsche et Baudelaire.

Pierre, 24 ans, Quiévrechain.

Dans son casque : Balavoine, Mon fils ma bataille.

Dans son bureau : un portrait de De Gaulle

  • Maxence, 21 ans, Quiévrechain

Pierre dit qu’il est « un gamin de coron », il a été élu maire de la ville où il a grandi, Quiévrechain à la frontière de la Belgique, à 24 ans, Maxence 21 ans est son directeur de cabinet.

Nour, 23 ans, Marseille

Dans son casque : une valse de Chopin

Dans sa chambre : Un sac de billes , Joseph Joffo

Nur est étudiante en droit à Marseille, elle a été fasciné par la révolution en Tunisie, elle a décidé de porter le voile, et d’affirmer son féminisme.

Elvire, 27 ans, Clichy

Dans son casque : une chanson d’ado, Wannabee des Spice Girls

Son mot à Inna pour entrer dans les FEMEN : « I want to join the army »

Elvire fait partie du groupe féministe FEMEN, et prête à sacrifier un peu de vie personnelle, pour le combat.

+ au téléphone, Sophia, 23 ans, Marseille

Dans son casque : Sweet Home Alabama, Lynyrd Skynyrd

Sur son canapé : son chat, Engels.

Il y a eu une phrase à la suite de la mort du jeune Rémi Fraisse, de l’historienne Sophie Wahnich qui incitait à repenser le collectif, le « nous » et à, je cite : « dire non et à simplement le faire savoir par la puissance du langage cinglant et des corps assemblés » - Une série française - c’était parfois du langage cinglant, ça a fini par des corps assemblés en studio, c’est le collectif qui reprend, l’émotion que nous attendons – c’était une série française sur France inter -- c’était l’été 2015, on aura tenté de conjurer le sort de cette année commencée dans la sidération. On repart dans le Sud, dans le Nord chez nous, en France – on s’éparpille, mais cet été on s’est parlés. Et on garde en tête que c’’était pas mieux avant, ce sera mieux après, belle rentrée.

Les jeunes français avec la jeune équipe d' "Une série française"
Les jeunes français avec la jeune équipe d' "Une série française" © Radio France / Aurélie Charon
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