KARAM
KARAM © Radio France / Aurélie Charon

Une série française. Tout l’été on entend notre pays, la circulation du monde à l’intérieur de nos frontières. Ça vit. Ça va, ça vient. Les révolutions d’ailleurs sont présentes ici. Des voix nouvelles, attachées aux trois mots de notre devise. Ils disent : je suis révolutionnaire . Le premier, Gilles dit : je ne vais pas me contenter du moins pire . On ne doit pas démériter, de notre histoire révolutionnaire, de l’idée de la République. Les deux autres, Thomas et Karam n’ont pas voulu céder sur leur liberté dans des pays autoritaires. On ira du Nord au Sud de la France, de Marseille à Calais, et à l’intérieur de notre pays, on entendra l’écho de deux conflits, l’Erythrée et la Syrie. Thomas a quitté l’Erythrée et sa dictature répressive à 17 ans, il vit à Calais depuis 8 ans, après avoir vécu la traversée du désert et de la mer, après avoir pris les risques qu’il fallait pour gagner son indépendance. Karam lui a voulu participer à la Révolution en Syrie, il avait fêté les printemps arabes, il y croyait, et il a dû partir. Gilles qui lui est Français, il dit : moi, on ne m’a jamais fait passer un test pour savoir si j’étais bien intégré, et il refuse qu’en son nom, la France se comporte mal, avec les étrangers, ou abandonne ses ambitions, ses idéaux.

Thomas, 26 ans, Asmara/Calais

Sur sa tête : cheveux frisés et casquette

En France : un fils de 6 ans « très beau, qui ressemble à un latino »

Ils sont deux amis. Thomas et Benjamin. Il y a du vent ce soir-là dans les rues de Calais, après un verre au bar Pirates face à la Gare. Benjamin dit qu’il aime ce bar parce que ça lui rappelle les bateaux qu’ils ont pris, même si les leurs étaient moins solides. Il appelle Thomas pour aller boire un verre près des billards dans le centre .

Ils sont arrivés ensemble à Calais il y a 8 ans, ont fait tout le voyage ensemble depuis l’Erythrée, via le Soudan, la Libye, l’Italie. C’est Thomas qui va raconter. Il a choisi de rester ici. Il est parti à 17 ans. Il voit son père, sa mère, sa famille vieillir sur les photos. Il habite avec sa copine dans un appartement au rez de chaussée avec petite cour, il a un fils de 6 ans. Il a pris tous ces risques, pour gagner sa liberté. Il travaille en tant qu’interprète pour des associations, l’hôpital, la police, dans la région Nord.

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Karam, 22 ans, Damas/Marseille

KARAM
KARAM © Radio France / Aurélie Charon

Il suit : les cours de danse orientale de sa mère

Instrument : clarinette, conservatoire de Damas

Comme Thomas, Karam a décidé de vivre en France, pour sa sécurité et pour sentir un jour, le sentiment de la liberté. Même s’il rêve un jour de pouvoir retourner en Syrie et revoir son père resté à Damas. Il est palestinien syrien, d’une famille athée, il a grandi dans le camp de Yarmouk près de Damas, qui aujourd’hui a été en grande partie détruit. Après la révolution, il quitte la Syrie et passe deux ans à Moscou, il apprend le russe. Avant de réussir à atterrir en France, son rêve, pour rejoindre sa mère et sa sœur à Marseille… Sa mère donne des cours de danse orientale, lui a réussi à reprendre la fac, a réussi ses examens (14/20 !) et pour l’été, a trouvé un petit boulot dans un taxiphone à Marseille. En Syrie, sa mère était prof de biologie, son père avait une station-service. Il sourit en disant qu’il n’a jamais eu de nationalité, que la France, ça pourrait devenir son pays. Il ne comprend pas vraiment pourquoi ici on parle plus de la Palestine que de la Syrie.

Gilles, 26 ans, Marseille

GILLES
GILLES © Radio France / Aurélie Charon

Dans son casque : Fela Kuti, Colonial Mentality

Langue étrangère : le wolof

Quand il est rentré en France, Gilles disait qu’il était Sénégalais… mais avec son teint pâle, difficile de le croire. Il a passé huit ans au Sénégal, à l’âge du collège et du lycée, parce que ses parents travaillaient là-bas, et cet exil adolescent a modifié son regard sur le monde. Il rentre pour la Fac, ne se sent pas forcément très bien en France, après Toulouse, il revient à Marseille. Gilles fait son service civique à la Rouguière à Marseille, il prépare un livre sur l’histoire du quartier à travers la vie et le quotidien des habitants. Un portrait de la laïcité, du vivre ensemble. Ca s’appellerait : ne perdons plus la mémoire .

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