Zorica Sentic est née à deux cents mètres de la maison de sœur Teresa, en Macédoine à Skopje. Quelques temps après le tremblement de terre qui ravagea la ville en 1963, elle partit rejoindre ses parents installées à Beauvais.

Zorica Sentic
Zorica Sentic © Zorica Sentic

Une nouvelle vie, une nouvelle langue qu'il lui a fallu apprendre, non sans quelques soubresauts.

Elle raconte d'ailleurs l'une de ces anecdotes dans son romanCinq jours et plus (non plublié)

L'éclair d'un flash-back scintille ! Le 28 juillet 1967, je retrouvais, à la gare de Lyon, Baba et Deda qui m'avaient précédée un an plus tôt. Ils avaient fui le régime de Tito avant de maudire celui de Milosevic. À l'époque, je les appelais encore maman et papa. Le lendemain, je prenais con­tact avec cette France qui m'apparaissait lumineuse. L'épicier en bas de chez nous vendait des tomates. Le boulanger vendait des petits pains. Baba m' avait donné des sous pour acheter un kilo de tomates et un pain. Elle me l'avait fait répéter plusieurs fois.

— Un kilo de tomates et un pain ! Un kilo de tomates et un pain ! Un kilo de tomates et un pain !

Dans l'ascenseur de la Tour Bellevue — dix étages — je répétais sans cesse :

— Un kilo de tomates et un pain !

Chez l'épicier, j'ai demandé :

— Un kilo de pain, s'il vous plaît !

Le brave homme m'a montré son collègue en face. Je suis allée voir le boulanger pour lui demander :

— Un tomate, s'il vous plaît !

Le boulanger m'a indiqué son collègue en face.

Je suis remontée au dixième étage de la tour Bellevue, à l'appartement de trois pièces où vivaient trois familles, des yugos et pas encore des croates ni des serbes. J'ai pleuré tant et plus que je croyais que maman n'allait jamais me croire. Je me suis juré, ce jour-là, d'apprendre le français plus vite que les autres français. J'ai compris vingt ans plus tard qu'à force de répéter la litanie, j'avais con­fondu la commande des courses avec une prière. Depuis, je ne prie plus et une seule pa­role suffit à mon bonheur ou à mon malheu r

La tête sur les épaules et la volonté bien accorchée, Zorica a poursuivi ses études.

Aujourd'hui, et depuis toute petite elle écrit.

Des poèmes, des textes de fictions qui sont traduits dans une vingtaine de langues. Sans être publiée elle a acquis une petite notoriété, notamment en Serbie où elle est retournée récemment.

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