Very Good Trip a un petit pincement aujourd’hui, parce qu’il le faut, il nous faut quitter Bob Marley et c’est d’autant plus dur qu’on sait que l’histoire s’est achevée tristement. Alors, oublions ça et écoutons quelque chose de joyeux. C’est ce qu’il aurait voulu.

Portrait de Bob Marley en 1978 à New-York.
Portrait de Bob Marley en 1978 à New-York. © Maxppp / Globe Photos/ZUMA PRESS

La plus belle chanson, sans doute, qu’ait jamais chantée Bob Marley, Redemption Song, telle qu’il l’a interprétée à Pittsburgh pour le dernier concert de sa vie. C’est par elle que nous avions entamé cette série, c’est par elle que nous la concluons. Enfin, presque. 

Une chanson dans laquelle il évoque, au fond, toute la condition humaine. L’esclavage, les pirates qui vous enchaînent et vous vendent, et après la foi en un monde meilleur qui vous donne le courage de vous redresser. Et puis une fois que vous n’avez plus vos chaînes, le désespoir et la peur. Ce qui est pire, d’une certaine façon, parce que ce sont des chaîne que vous vous mettez à vous-même. Et face à ça, Bob Marley, tout nu, abandonne sa position de guide et de prophète fiévreux, il n’a plus que la voix humble et nue d’un consolateur. 

Si mes chansons ont contribué à vous rendre meilleur, eh bien, d’une certaine façon, je n’aurai pas vécu pour rien. 

C’est Chris Blackwell qui avait conseillé à Marley d’abandonner  tout accompagnement quand il a enregistré cette chanson, de la chanter simplement à la guitare. 

Il me resterait bien des choses à raconter, et je ne parle pas de l’intime et du trivial. L’intime, Bob Marley, le polygame, l’homme archaïque, qui avait eu, au moins, treize enfants de huit femmes différentes. 

Autre sujet, le trivial, les déchirements autour de sa succession, les faux en écriture, les procès, les avocats. Je pense aussi au destin des enfants, très talentueux, de Bob Marley, dont quatre avaient créé un groupe ensemble, de son vivant, encore, les Melody Makers, Ziggy, Stephen et Cedella, avec Sharon, aussi, fille d’une première union de Rita Marley.

J’aurais voulu aussi raconter aussi l’immense importance qu’a eu le reggae, par-delà Bob Marley, dans la musique mondiale. Sur le rock, d’abord, c’est ma partie. La rencontre du rock, du reggae et du dub, ça a été le succès triomphal du groupe The Police, bien sûr, à la fin des années soixante-dix. Mais il n’y a pas eu que ça. Des hybridations, naturelles, et bien connues, du reggae avec le funk, le jazz, le hip-hop et le r &b. Il y a eu, dès la fin des années soixante-dix, d’autres hybridations, passionnantes et moins connues, du reggae et du dub avec le punk rock plus extrême, avec la musique industrielle, le metal, puis la techno. J’espère avoir un jour l’occasion de l’approfondir sur les ondes.

Bob Marley & the Wailers : 

  • « Could You Be Loved » extrait de l’album « Uprising » 
  • « Chant Down Babylon » extrait de l’album « Confrontation » 
  • « Real Situation » extrait de l’album « Uprising » 
  • « Bad Card » extrait de l’album « Uprising » 
  • « Natural Mystic - Live at the Stanley Theatre, 9/23/1980 » extrait de l’album « Live Forever : The Stanley Theatre, Pittsburgh, PA, 9/23/1980 » 
  • « The Heathen - Live at the Stanley Theatre, 9/23/1980 » extrait de l’album « Live Forever : The Stanley Theatre, Pittsburgh, PA, 9/23/1980 » 
  • « Zion Train - Live at the Stanley Theatre, 9/23/1980 » extrait de l’album « Live Forever : The Stanley Theatre, Pittsburgh, PA, 9/23/1980 » 
  • « Redemption Song - Live at the Stanley Theatre, 9/23/1980 » extrait de l’album « Live Forever : The Stanley Theatre, Pittsburgh, PA, 9/23/1980 » 

Bob Marley : 

  • « Coming In from the Cold » (Live and Unplugged) 
  • « Acoustic Medley » (« Happiness ») extrait du coffret « Songs of Freedom »
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.