Après Woodstock l'année dernière, Very Good Trip vous accompagne cet été avec Bob Marley.

Bob Marley, auteur-compositeur-interprète sur scène, lors d'un concert à Grona Lund, Stockholm, Suède.
Bob Marley, auteur-compositeur-interprète sur scène, lors d'un concert à Grona Lund, Stockholm, Suède. © Getty / Hulton Archive

Peut-être que je mettrai tout le monde d’accord en disant que l’aventure de Bob Marley a représenté elle aussi l’espoir irrationnel, le rêve, l’illusion, sans doute, que la musique populaire et certaines de ses voix avaient ce pouvoir mystérieux de nous élever, de nous faire pour ainsi dire jaillir au-dessus de nous-mêmes, d’ouvrir grand les portes de la perception, comme disait Jim Morrison des Doors citant l’écrivain anglais Aldous Huxley, en  tout cas de détourner, un temps, notre regard d’un monde trop réel qui nous désespère et de nous donner envie de rejoindre un monde meilleur qui, sans doute, n’est qu’une illusion mais auquel on en peut s’empêcher de croire de toute notre âme. 

Il y a tout dans l’histoire de Bob Marley, au-delà de la propagation, bien sûr, du reggae, un rythme étrangement bancal né sur une île des Caraïbes, la Jamaïque, à peine plus grande que la Corse, une Corse, qui, sur une mappemonde, serait étirée à l’horizontale et située au sud de Cuba et à l’est d’Haïti. 

La Jamaïque qui avait été colonisée plus de quatre siècles, un record, par les Britanniques avant de devenir indépendante en 1962. Le décor de l’histoire de Bob Marley, enfin ses débuts, ressemble à un film de Scorsese dont  l’action se déroule dans un pays du Tiers Monde : il y a des malfrats, des gangsters, des bandes armées, des bagarres, des règlements de compte, des tueurs à gages, des hommes politiques à la fois idéalistes et corrompus jusqu’à l’os. 

Mais le fond de l’histoire, c’est le destin sans précédent d’un homme sorti de nulle part et qui n’avait sa place nulle part : un métis, un bâtard, trop noir pour la bonne société colonialiste blanche et en même trop blanc pour les Noirs qui l’ont rejeté. 

Un homme qui a connu en lui-même la division et la déchirure. Et qui entend le message d’une secte prophétique, les Rastas, aspirant à l’avènement d’un monde meilleur, dont le message a donné un sens à sa vie et dont il est devenu le missionnaire et le chef charismatique tout autour du monde. 

Et cette aventure est lumineuse : le message des Rastas, quoi qu’on en pense, en tout cas tel que l’entendait Marley, était à l’opposé de la haine, de la vengeance et de la déchirure mais, au contraire, au service de la réconciliation et de la fraternité. Ce qui est à méditer par les temps qui courent.

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