Michka Assayas reste toujours et encore à l’affût de bonnes pépites musicales. À découvrir et écouter sans modération bien sûr !

Billie Eilish, auteure-compositrice-interprète le 5 janvier 2019 à Los Angeles.
Billie Eilish, auteure-compositrice-interprète le 5 janvier 2019 à Los Angeles. © AFP / Rich Fury / GETTY IMAGES AMERIQUE DU NORD

Billie Eilish est un phénomène comme il en apparaît très rarement dans la musique populaire. Ce n’est pas une question d’âge mais d’approche. De fait, cette adolescente âgée de dix-sept ans seulement n’a rien d’un produit manufacturé. 

Son explosion subite -elle vient de donner trois concerts à Londres affichant complet, des centaines de jeunes filles ont fait le siège de son hôtel pour l’apercevoir- a pris la profession de court. Le musicien Dave Grohl, qui fut le batteur du trio Nirvana avant de fonder les Foo Fighters et de devenir un des plus illustres musiciens californiens, a récemment déclaré au sujet de Billie Eilish : « Il est en train de lui arriver la même chose qu’à Nirvana en 1991 ». Soit une approche underground, artisanale, inscrite dans une sous-culture minoritaire, qui brusquement se retrouve en pleine lumière. 

Alors d’où sort Billie Eilish, cette adolescente famélique au teint blafard et au regard vide, dont les cheveux semblent changer de couleur au moins une fois par semaine, semblable à tant d’autres adolescentes ordinaires mal dans leur peau ? Et qui refuse de faire semblant d’être sexy, portant souvent des ensembles flottants qui rappellent la petite enfance ? 

Eh bien pour être précis de Highland Park, une banlieue à la réputation pourrie, selon ses dires, au nord-est de Los Angeles, où ont commencé à s’installer il y a quelque temps des bohèmes désargentés qui n’ont rien de bourgeois. « On était pauvres », dit simplement Billie Eilish, j’avais juste une paire de chaussures et un t-shirt. Ses parents, un couple de comédiens vivotant tant bien que mal, l’a fait longtemps dormir avec son frère aîné dans un lit à quatre. Une famille originale. Billie n’est pas allée à l’école, elle a étudié à la maison. On l’a néanmoins encouragée à chanter, prendre des leçons de piano, danser et faire de l’équitation, activités qu’elle a dû financer elle-même par des petits boulots. Elle a composé tôt ses propres chansons avec son frère aîné Finneas, dans leur chambre, c’est là qu’ils enregistraient. 

Sa première chanson connue, « Ocean Eyes », en 2016, elle avait quatorze ans, a été diffusée via une vidéo amateur, façon karaoké, il y a juste un effet de brouillard derrière, a eu, comme on dit, un succès viral. Près de cent millions de vues à l’heure où je vous parle.

  • Billie Eilish : « bury a friend » extrait de l’album « When we fall asleep, where do we go ? »
  • King Princess  : « Pussy Is God » single 
  • Georgia : « Started Out » single 
  • Dido : « Still on My Mind » extrait de l’album « Still on My Mind » 
  • The Cranberries : « Wake Me When It’s Over - Edit » single 
  • Sasami : « Not the Time » single 
  • Lorelle Meets the Obsolete : « Lineas en Hojas » extrait de l’album « De Facto » 
  • Linn da Quebrada, Boss in Drama, Badsista : « mEnorme » single 
  • Rose Elinor Dougall : « Take What You Can Get » single 
  • Emily Wells : « Come On, Doom, Let’s Party » (featuring Metropolis Ensemble) 
  • SHAED : « Wish I » extrait de l’album « Melt » 
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