Ce soir, Very Good Trip va célébrer un immense guitariste, dont l’envol s’est brisé bien trop tôt. Un guitariste mais aussi un chanteur.

Le chanteur et guitariste de blues anglais Peter Green (1946-2020) sur scène au Bishopstock Blues Festival à Bishop's Court Palace à Clyst St Mary, Devon.
Le chanteur et guitariste de blues anglais Peter Green (1946-2020) sur scène au Bishopstock Blues Festival à Bishop's Court Palace à Clyst St Mary, Devon. © Getty / David Redfern / Redferns

Tout était là, dans ce titre qui remonte à l’année 1968, « Need Your Love So Bad ». Le jeu de guitare blues, tout en langueur et en sobre intensité, de celui qu’on considérait, à la fin des années soixante, comme un des plus grands guitaristes de blues blanc. 

Et qui faisait l’admiration d’un de ses maîtres, BB King, qui avait un jour dit de lui : 

C’est le seul qui me file des sueurs froides quand je l’écoute ». 

Une voix, sous-estimée, méconnue, pleine de chaleur et en même temps de douceur, qui semble s’adresser à ce qu’il y a de plus intime en nous. La chanson, « Need Yor Love Si Bad », avait été créée par Little Willie John, le créateur du célèbre standard « Fever », popularisé par BB King. Mais cette interprétation, de Peter Green est supérieure à toutes les autres versions. Elle est éblouissante et on l’entendait beaucoup en 1968, année qui fut celle, en Angleterre, de ce qu’on a appelé le blues boom. Soit le retour à un blues pur et dur, en opposition aux errements d’un rhythm and blues considéré comme dénaturé et trop commercial. 

Si beaucoup n’ont jamais entendu parler de Peter Green, c’est un peu normal. Il a brusquement abandonné son activité de musicien alors qu’il venait d’avoir vingt-quatre ans. Je vous raconterai comment et pourquoi. 

Pendant les cinquante années qui se sont écoulées depuis, Peter Green est progressivement revenu à la musique mais sans jamais retrouver le lustre et l’éclat qui avaient été les siens. Fragile, malade, Peter Green n’était comme musicien, de son propre aveu, que l’ombre de lui-même. Bien sûr, tout ça demande des explications et, naturellement, je vous les donnerai. 

Alors pourquoi vous parler de lui ce soir? Oh pour la triste raison habituelle : on a appris la mort de Peter Green cet été. Alors soudain tout le monde, moi le premier, s’est rappelé son génie. Si je prononce le nom de Fleetwood Mac, beaucoup vont penser à un style de rock américain, californien pour être précis, ensoleillé et raffiné, un peu soul, folk, country, jazzy aussi. 

Un style qui, entre parenthèses, a donné sa véritable couleur à la seconde moitié des années soixante-dix, alors qu’on parlait beaucoup de la mode disco et du mouvement punk et new wave. Mais ce Fleetwood Mac-là, basé à Los Angeles, n’avait plus grand chose à voir avec celui qu’avait fondé Peter Green à Londres en 1967. 

Fleetwood Mac : 

  • « Need Your Love So Bad » extrait de l’album « Fleetwood Mac’s Greatest Hits » 
  • « Black Magic Woman - Live in Boston » extrait de l’album « Live in Boston, Vol. 1 » 
  • « Oh Well (Pt. 1) - Mono; 2018 Remaster » extrait de la compilation « 50 Years - Don’t Stop » 
  • « The Green Manalishi (With the Two Prong Crown) - 2018 Remaster » extrait de la compilation « 50 Years - Don’t Stop » 
  • « Rattlesnake Shake » - 2018 Remaster » extrait de la compilation « 50 Years - Don’t Stop » 
  • « Albatross » extrait de l’album « Fleetwood Mac’s Greatest Hits » 
  • « Closing My Eyes - 2013 Remaster » extrait de l’album « Then Play On - 2013 Remaster » 
  • « World in Harmony - 2013 Remaster » extrait de l’album « Then Play On - 2013 Remaster » 

Peter Green Splinter Group : « Help Me - Studio » extrait de la compilation « The Best of Peter Green Splinter Group » 

Fleetwood Mac : « Man of the World - 1998 Remaster »  extrait de la compilation Peter Green « Man of the World -The Anthology 1968-1988 » 

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