Une heure n'est pas assez pour vous faire découvrir le renouveau féminins des traditions américaines, gageons que Michka Assayas y revienne !

La chanteuse Norah Jones sur scène le 8 février 2019 à Los Angeles.
La chanteuse Norah Jones sur scène le 8 février 2019 à Los Angeles. © Getty / Frazer Harrison

Oui, Norah Jones a grandi dans une banlieue texane, entre Dallas et Fort Worth,  elle a chanté des duos avec Dolly Parton et Willie Nelson, elle a même chanté, c’était au milieu des années 2000, au sein d’un groupe de reprises country, les Little Willies, avec lequel elle a enregistré un album. 

Alors, cette chanson qu’on vient d’entendre,  « Okolona River Bottom Band », est une reprise. Il faudrait plutôt parler de recréation. Les amateurs historiques de rock indépendant américain, ceux qui étaient en âge de lire les Inrockuptibles mensuels, avant 1995, se souviennent sûrement du groupe Mercury Rev. Un groupe qu’avaient formé des jeunes gens farfelus qui s’étaient rencontrés en étudiant le cinéma à l’Université de New York. Et qui s’était surtout distingué à ses débuts, si le terme convient, par une musique expérimentale, bruyante et dissonante, faite de collages surréalistes, inspirés en grande part par les substances qu’absorbaient les musiciens. Et puis il est arrivé au groupe ce qui, avec le temps, finit par survenir. 

L’élément le plus fou du groupe, David Baker, un natif de Chicago qui prétendait entendre des voix, a fini par être écarté. Ses compagnons Jonathan Donahue et Grasshopper ont, progressivement, discipliné leurs vies et leur musique. Donahue s’est installé au grand air dans les montagnes des Catskills, dans le nord-ouest de l’État de New York. Et là, il a eu une sorte de révélation : les musiques traditionnelles américaines. 

Ses voisins étaient deux musiciens légendaires, Levon Helm et Garth Hudson, cofondateurs du Band, un groupe historique. Accompagnateur de Bob Dylan en tournée, le Band est surtout l’auteur, par lui-même, de quelques albums splendides qui ont fait découvrir à un public de hippies ces musiques ancestrales  dans toute leur pureté. C’est, à sa façon, cette tradition qu’ont cherché à renouveler Jonathan Donahue et le groupe Mercury Rev. Ils ont eu l’idée inattendue d’entraîner diverses chanteuses dans un projet baroque. 

Soit la recréation, cinquante ans après, d’un album obscur d’une chanteuse country oubliée, Bobbie Gentry, un album qui s’appelait The Delta Sweete. Bobbie Gentry avait eu un immense tube en 1967 avec « Ode to Billie Joe », une histoire sinistre, celle d’une famille brisée par le suicide du fils aîné. Après quoi elle avait assez vite disparu de la circulation.  Les chanteuses que Mercury Rev ne sont pas des moindres. Outre Norah Jones, il y a, entre autres, Hope Sandoval de Mazzy Star et la Française Laetitia Sadier, du groupe londonien Stereolab.

  • Mercury Rev : « Okolona River Bottom Band » (featuring Norah Jones) extrait de l’album « Bobbie Gentry’s the Delta Sweete Revisited » 
  • Adia Victoria : « Different Kind of Love » extrait de l’album « Silences » 
  • The Delines : « That Old Haunted Place » extrait de l’album « The Imperial » 
  • Rhiannon Giddens (with Francesco Turrisi) : « I’m on My Way » single 
  • Our Native Daughters : « Quasheba, Quasheba » (featuring Rhiannon Giddens, Leyla McCalla & Allison Russell) extrait de l’album « Songs of Our Native Daughters » 
  • Molly Tuttle : « Messed with My Mind » single 
  • Kaia Kater : « Everly » extrait de l’album « Grenades » 
  • Moira Smiley : « Worried Now » extrait de l’album « Unzip the Horizon » 
  • Marry Waterson & Emily Barker : « Little Hits of Dopamine » extrait de l’album « A Window to Other Ways » 
  • Hand Habits : « can’t calm down » extrait de l’album « placeholder » 
  • Big Thief : « UFOF » single 
  • Shana Cleveland : « Face of the Sun » single 

Vous l'avez presque entendue cette semaine, hier : 

Lundi 1er avril dans : "De Billie Eilish à Dido, électro-pop et R&B féminin"

4 min

KÁRYYN : « Purgatory » extrait de l’album « The quanta series »

Par Stéphane Ronxin

Ce soir : 

3 min

Big Thief : « UFOF » single

Par Stéphane Ronxin
3 min

Shana Cleveland : « Face of the Sun » single

Par Stéphane Ronxin
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.