A ne pas rater dans Very Good Trip, avec d'autres groupes, Sleaford Mods, un duo qui vient de sortir "Spare Ribs" sur le label Rough Trade. Le Brexit et la Covid-19 n'ont pas stoppé leur fougue militante.

Andrew Robert Lindsay Fearn et Jason Williamson de Sleaford Mods en concert sur scène lors d'un concert au Festsaal Kreuzberg le 10 septembre 2019 à Berlin, Allemagne.
Andrew Robert Lindsay Fearn et Jason Williamson de Sleaford Mods en concert sur scène lors d'un concert au Festsaal Kreuzberg le 10 septembre 2019 à Berlin, Allemagne. © Getty / Frank Hoensch / Redferns

Sleaford Mods publie son onzième album en quatorze ans, je ne sais pas si c’est un record de productivité mais c’est pas mal. 

Je vous avais présenté ce duo pour la première fois il y a quatre ans déjà, c’était au début de l’année 2017. Après dix ans à rapper dans le vide et à publier des albums à diffusion locale, en tout cas très faible, Jason Williamson et son compère Andrew Fearn ont fini par attirer l’attention d’une historique compagnie londonienne, Rough Trade, qui a publié et bien promu un album qui s’appelait « English Tapas ». 

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Sleaford Mods, ça a vraiment été le succès improbable, en tout cas à contre-courant, du moment. Pour reprendre la description un peu moqueuse d’un journaliste britannique, Sleaford Mods comme, c’était 

un quadra qui gueule pendant que l’autre appuie sur la touche PLAY de son Macbook ». 

Oui mais cette configuration délibérément misérable a attrapé quelque chose de l’air du temps et, en tout cas, le dégoût, plus peut-être que le désespoir, d’une certaine jeunesse. Sur scène, Jason Williamson, un bras dans le dos, crachait ses paroles, dans une sorte de transe, sans regarder le public. 

Des paroles chargées de sarcasme où il se libérait de sa colère, de son chagrin et de sa haine contre les hommes politiques, les riches contents d’eux, les hipsters et, en général, l’état moral abyssal dans lequel il juge que se trouve son pays. 

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Originaire du centre de l’Angleterre, la région des Midlands, Jason Williamson rêvait de devenir une rock star. Son héros était Paul Weller même si c’est plutôt le rap new-yorkais de Wu-Tang Clan qui l’a aidé à trouver son style. Il a longtemps rongé son frein. Il a alterné boulots de merde et périodes de chômage. Il a travaillé comme vigile, il a conditionné des petites culottes dans des cartons, il a aussi été employé dans un abattoir de poulets. Je le cite : 

Quand je bossais, j’avais une vie réduite au minimum : je gagnais 1000 euros par mois, 600 partaient pour mon loyer. Rentré du boulot, j’allais m’acheter soit une bière soit un sachet de pâtes et une boîte de thon. » 

Et quand il touchait le chômage, ce n’était pas mieux : 

C’était une vie minable, en grande partie par ma faute. Au début du mois je dépensais tout en bière et en drogue ». 

Un jour, assis sur son canapé, Jason Williamson a eu une révélation, des mots sont venus et il s’est lancé. Il a fallu dix ans et beaucoup d’acharnement pour que ça finisse par marcher. Alors la période du confinement s’est révélée plutôt bénéfique pour lui, en tout cas c’est ce qu’il raconte. L’enfermement l’a entraîné vers une forme d’introspection, il a repensé à son enfance et, dans les titres de cet album que Sleaford Mods est arrivé à enregistrer cet été, entre les deux confinements, il y a moins de sarcasme et plus de chaleur que d’habitude. Et même, parfois, Williamson chante, bon, c’est un grand mot, disons, qu’il chantonne. Et dans le hip-hop électro minimaliste qui sert de base musicale à Sleaford Mods, il y a un côté swingant, voire dansant. 

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En tout cas, comme je vous disais, il a un peu baissé la garde et s’est rappelé son enfance. Prenez le titre qu’on vient d’entendre, « Mork n Mindy », c’était le titre d’une série assez débile du début des années quatre-vingt, où un jeune Robin Williams jouait le rôle d’un extra-terrestre blagueur voyageant dans un  vaisseau spatial en forme d’œuf géant. 

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Une série qu’il regardait à la télé. Il s’est aussi rappelé les cadeaux achetés dans les solderies pour Noël, le repas de fête commandé à la baraque à frites et, aussi, le brusque surclassement quand sa mère s’est mise avec un entrepreneur en bâtiments qui avait beaucoup de commandes et a pu loger la famille dans un grand pavillon.

  • Sleaford Mods : « Mork n Mindy » (featuring Billy Nomates) extrait de l’album « Spare Ribs » 
  • Billy Nomates : « Heels » single 
  • Albertine Sarges : « The Girls » single 
  • Mush : « Seven Trumpets » single 
  • The Notwist : « Al Sur » (featuring Juana Molina) single 
  • Goat Girl : « Badibaba - Edit » single 
  • Smerz : « Believer » single 
  • Baio : « Endless Me, Endlessly » single 
  • Black Country, New Road : « Track X » single 
  • Anna Calvi : « Don’t Beat the Girl Out of My Boy - Hunted Version » (featuring Courtney Barnett) extrait de l’album « Hunted » 
  • Bar for Lashes : « We’ve Only Just Begun » single 
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