Ce soir, on va partir en exploration dans des zones un peu sombres, où, vous allez l’entendre, l’énergie gronde.

Gorillaz sur scène pour leur nouvel album "Humanz" le 24 mars 2017 à Londres.
Gorillaz sur scène pour leur nouvel album "Humanz" le 24 mars 2017 à Londres. © Getty / Joseph Okpako

_"Le ciel nous tombe sur la tête, alors baisse bien ton cul avant de te faire écraser, bébé… En gros, hein… Un conseil donné par le jeune rappeur californien Vince Staples, dans un titre qui s’appelle « Ascension » et par lequel, après une brève intro, démarre Humanz, le nouvel album de Gorillaz. Je vous en ai parlé hier, c’est, depuis sa naissance en 2000, le cinquième album de ce groupe virtuel né de l’imagination de deux Londoniens, Damon Albarn, chanteur et parolier du groupe Blur, et Jamie Hewlett, un graphiste auteur de la BD Tank Girl. Il y a dans ce disque quantité de rappeurs et chanteurs invités, de tous les styles et toutes les générations. Alors, en 2017, le contexte a changé et la musique de Gorillaz est moins légère et insouciante. Imaginez, ce groupe constitué de personnages fictifs dessinés, est né avant le 11 septembre 2001. Autant dire que, par rapport au monde de 2017, c’était encore, sans rien exagérer, bien sûr, un monde d’insouciance et d’optimisme relatif. Depuis on a eu la guerre en Irak, les attentats meurtriers en série en Europe, la répression des soulèvements populaires au Moyen Orient, la guerre en Syrie, sans oublier des conflits dont on parle beaucoup moins en Occident mais qui sont massivement meurtriers aussi, au Yemen et au Congo. Et enfin, bien sûr, on a eu le Brexit et l’élection, il y a trois mois, de Donald Trump. Alors Albarn se demande comment continuer à garder l’espoir dans ce sobre contexte. Et sa réponse est, somme toute, simple : continuer à y croire. Pour citer Albarn, « je me retrouve au milieu du feu et je m’en sors ». De toutes façons, on n’a pas le choix. C’est peut-être pour ça qu’il a choisi de donner dans ce premier titre la réplique au jeune rappeur de Long Beach, c’est au sud de Los Angeles, Vince Staples. Staples est un miraculé de la guerre des gangs à Los Angeles. Il a failli tuer et être tué, certains de ses meilleurs amis y sont passés, et il ne cherche pas d’excuses et surtout, ne supporte pas les rappeurs qui glorifient la violence. Je cite Vince Staples interrogé par le quotidien britannique The Guardian il y a deux ans : « J’ai fait partie d’un gang parce que je voulais tuer des gens. J’avais envie de blesser des gens. Il n’y a aucune raison claire à ça : j’avais soif de sang. C’est la même chose que les gens qui s’engagent dans les guerres, il n’y a aucune excuse ». Heureusement pour Vince, sa mère l’a envoyé à l’autre bout du pays, à Atlanta, pour qu’il se calme et là, il a trouvé une manière de canaliser sa rage de façon positive : en rappant. Allez on retourne au grime avec Abra Cadabra, un très jeune rappeur de Tottenham, c’est un quartier du nord de Londres. Ce titre « Robbery », a eu un immense succès underground après avoir été remixé par un duo de rappeurs d’origine jamaïcaine, Krept et Konan."_

Programmation musicale :

  • Drake, « No Long Talk (featuring Giggs) » extrait de l’album « More Life »
  • Stormzy, « Cold » extrait de l’album « Gang Signs et Prayers »
  • Grim Sickers, « Kane (featuring JME) » single
  • Tinie Tempah, « Holy Moly » single
  • Gorillaz, « Ascension (featuring Vince Staples) » extrait de l’album « Humanz »
  • Abra Cadabra, « Robbery (Remix featuring Krept et Konan) » single
  • Sir Spyro, « Topper Top (featuring Teddy Bruckshot, Lady Chann et Killer P) »
  • C. Biz « The Game’s Mine » single, si introuvable, lien Youtube.
  • Lady Leshurr, « Trust Nobody » extrait de l’album « Mode-EP »
  • Stefflon Don, « Real Ting (Remix) » single
  • Nadia Rose, « Breathe Slow (featuring Junglepussy) » single
  • Gorillaz, « She’s My Collar (featuring Kali Uchis) » extrait de l’album « Humanz »
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