Very Good Trip fait un tour en Amérique, c’est d’actualité, avec un retour aux sources qui devrait vous faire du bien.

Portrait du chanteur américain de musique country, Jimmie Rodgers vers 1930.
Portrait du chanteur américain de musique country, Jimmie Rodgers vers 1930. © Getty / Michael Ochs Archives

Quand on parle de blues ou de soul en France, s’éveille aussitôt, chez les amateurs de musique populaire américaine, un sentiment de respect. Quand on parle de musique country, trop souvent, naissent un sourire en coin ou une moue dubitative. C’est pourquoi la publication chez Arte éditions d’un coffret de quatre DVD intitulé Country Music, une série documentaire consacrée, comme son nom l’indique, à l’histoire de la musique country, tombe à point nommé. 

Pour dissiper les préjugés et les clichés, qui ont la vie dure. Il faut préciser d’emblée que cette série captivante est l’œuvre d’un des maîtres du documentaire américain, Ken Burns, qui, depuis une trentaine d’années, a consacré de véritables sommes à de vastes sujets historiques : la guerre de Sécession, le rôle de son pays dans la Seconde Guerre Mondiale, la guerre du Vietnam, mais aussi l’histoire du jazz, celle de la prohibition ou encore des grands parcs naturels aux Etats-Unis. 

J’en ai regardé les deux premiers épisodes et, croyez-moi, même si le sujet ne vous passionne pas, il y a de fortes chances pour que vous accrochiez. Le premier mérite du travail de Ken Burns, c’est de rappeler une évidence. 

C’est que la country n’a rien d’une musique purement blanche, séparatiste. Comme le blues, comme la soul, la country est une musique à la fois blanche et noire, née du mélange et de la friction entre les communautés, du fameux « melting pot », le creuset américain. 

Un mélange que la musique a traduit et qui, c’est une histoire sans fin, a pu susciter le rejet et l’hostilité d’une partie de la société américaine mais enfin qui a eu lieu et continue à avoir lieu. Pour dire les choses vite et sommairement, la country, c’est la soul des Blancs au contact avec les Noirs. 

Tout comme la soul, c’est la country des Noirs au contact avec les Blancs. Une illustration toute simple de ça, au hasard. Le banjo, un des rares instruments de musique nés aux Etats-Unis, étroitement associé à la musique country, était à l’origine africain. 

Alors, ce soir, on va entendre des enregistrements anciens, des incunables, donc soyez indulgent si la qualité sonore n’est pas au rendez-vous.

  • Johnny Cash : « I Walk the Line » extrait de l’album « I Walk the Line (Original Soundtrack Recording) »
  • The Carter Family : « Wildwood Flower » extrait de l’album « Can the Circle Be Unbroken » 
  • Mississippi Sheiks : « Sitting on the Top of the World » extrait de l’album «  Honey Babe Let the Deal Go Down - The Best of Mississippi Sheiks » 
  • Jimmie Rodgers : « In the Jailhouse Now » extrait de l’album « The Essential Jimmie Rodgers » 
  • Bill Monroe & His Blue Grass Boys : « In the Pines » extrait de l’album « Anthology » 
  • Bob Wills and His Texas Playboys : « Ida Red » extrait de l’album « The Essential Bob Wills and His Texas Playboys » 
  • Ernest Tubb : « Walking the Floor Over You » extrait de l’album « Country Music Hall of Fame Series » 

Hank Williams :

  • « Move It On Over » extrait de l’album « 40 Greatest Hits » 
  • « Ramblin’ Man » extrait de l’album « 40 Greatest Hits » 
  • « Your Cheatin' Heart » extrait de l’album « 40 Greatest Hits »
  • Tennessee Ernie Ford : « Sixteen Tons » extrait de l’album « Vintage Collections » 
  • Jimmy Dean : « Big Bad John » extrait de l’album « The Best of Jimmy Dean » 
  • Hank Williams : « Cold, Cold Heart » extrait de l’album « 40 Greatest Hits » 
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