Ce soir, Very Good Trip vous entraîne, vers une destination musicale inattendue. Et vous allez entendre des choses dont, pour être honnête, même Michka Assayas ignorait l’existence il y a encore quelques semaines.

Portrait du musicien Ritchie Valens en juillet 1958 à Los Angeles, Californie.
Portrait du musicien Ritchie Valens en juillet 1958 à Los Angeles, Californie. © Getty / Michael Ochs Archives

Évidemment, tout le monde connaît ça, tout le monde a dansé là-dessus. « La Bamba » fait partie de ces chansons universellement connues qui, brusquement, font se relever et danser tout le monde alors qu’on croit, à tort, la soirée agonisante et moribonde. 

La version qu’on vient d’entendre, interprétée par Ritchie Valens, en 1958, est, j’allais dire, l’originale, même si cet adjectif n’a pas grand sens pour une chanson dont l’origine remonterait à la fin du dix-septième siècle. 

« La Bamba » est un mot n’a pas de sens précis. C’est le nom d’une danse dont l’étymologie fait l’objet de diverses interprétations. La chanson serait née à la fin du dix-septième siècle au Mexique, lorsque, dans la ville de Veracruz, les cloches ont sonné pour annoncer l’arrivée imminente d’un pirate hollandais célèbre, à la réputation terrifiante, un flibustier qu’on surnommait Lorenzillo ou El Griffe. Sa corvette s’approchait, toutes voiles dehors, des côtes de la région de Vera Cruz, dans le golfe du Mexique. Il avait une réputation terrible et faisait jouer, paraît-il, un orchestre sur le pont pour semer la terreur dans les populations. Un gradé qui assurait la protection d’une grande dame espagnole dans une hacienda de Vera Cruz se serait alors écrié : « Yo no soy marinero, soy capitan », je ne suis pas un marin, je suis un capitaine. 

Soit il voulait justifier sa frousse face au pirate soit, inversement, il voulait affirmer crânement que, même, s’il n’avait aucune compétence de marin eh bien il allait, au pied de la lettre, se jeter à l’eau pour protéger la dame contre l’assaut du, enfin des pirates. Bref, la Bamba, pour les Mexicains, est une chanson qui a toujours fait chanter et danser tout le monde les soirs de noces. Un peu comme la chanson cubaine « Guantanamera », elle a fait le tour du monde. 

Pourquoi je vous raconte tout ça un soir de mars 2021 ? Patience, j’y viens. Parce que « La Bamba » a été transformée en rock’n’roll par un gamin visionnaire, Ritchie Valens, qui ne se doutait qu’il allait être à l’origine d’une révolution à laquelle je vais consacrer l’émission de ce soir comme celle de demain : l’explosion puis l’expansion du rock hispanophone en Amérique latine. 

Alors, que l'on me permette de préciser les choses : Ritchie Valens n’était pas mexicain et ne parlait d’ailleurs pas très bien l’espagnol. Il le parlait si mal qu’il avait, paraît-il dû apprendre phonétiquement les paroles de « La Bamba » pour la chanter correctement. Mais ses parents l’étaient, eux, Mexicains. Ils étaient ce qu’on appelle des Chicanos, ayant quitté leur pays natal pour trouver une vie meilleure en Californie, côté États-Unis. 

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Ricardo Valenzuela, rebaptisé Ritchie Valens par son manager, avait grandi dans la vallée de San Fernando, c’est une région située au Nord-Ouest de Los Angeles. Il avait fabriqué sa première guitare lui-même, comme les pionniers du blues. Il admirait le rockabilly de Memphis et des disques Sun, les premières productions d’Elvis, bien sûr, et du rock’n’roll de Little Richard, il avait connu son premier succès à seize ans grâce à une chanson irrésistible, pleine de joie, « Come On Let’s Go », un classique, qu’ont d’ailleurs reprise les Ramones vingt ans plus tard. 

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Quant à la Bamba, cette chanson qu’il avait découverte par hasard, il l’avait enregistrée aux légendaires studios Gold Star de Hollywood avec certains des remarquables musiciens de séances qui allaient bientôt travailler sous la direction de Phil Spector et aussi accompagner les Beach Boys. 

Imaginez : Ritchie Valens n’avait que dix-sept ans quand il a enregistré « La Bamba ». Et quand la chanson est devenue un tube, fin 1958, il ne lui restait plus qu’un mois à vivre. Il était monté dans ce petit avion privé, pris dans une tempête, qui allait s’écraser en février 1959 avec à son bord, deux autres musiciens, le génial Buddy Holly et un autre Texan, The Big Bopper. 

« La Bamba », c’est bien plus que la Bamba. C’est déjà la matrice d’une autre chanson universellement connue, « Twist and Shout », rendue célèbre en 1962 par un trio vocal noir new-yorkais, les Isley Brothers. Si vous écoutez cette version, le côté latin est évident, c’était d’ailleurs une des marques de fabrique du coauteur de la chanson

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  • Ritchie Valens : « La Bamba - Single Version » extrait de l’album « Ritchie Valens » 
  • Los Shain’s : « Shain’s a Go Go » extrait de l’album « El Ritmo de los Shain’s » 
  • Los Saicos : « Demolición » extrait de l’album « ¡Demolición! The Complete Recordings » 
  • Los Dug Dug’s : « Let’s Make It Now (Hagámoslo Ahora) » extrait de l’album « Rock and Roll - 15 Exitos de los Dug Dug’s » 
  • Peace and Love : « We Got the Power » extrait de l’album « Peace and Love » 
  • Tanguito : « El Hombre Restante » extrait de l’album « Yo Soy Ramsés » 
  • Arco Iris : « Quiero Llegar » extrait de l’album « Arco Iris 1 » 
  • Almendra : « Muchacha (Ojos de Papel) » extrait de l’album « Almendra (50 Años) » 
  • Victor Jara : « El Derecho de Vivir en Paz » extrait de l’album « El Derecho de Vivir en Paz » 
  • León Gieco : « En el País de la Libertad » extrait de l’album « Colección Rock Nacional : León Gieco » 
  • Serú Girán : « Seminare » extrait de l’album « Serú Girán » 
  • Soda Stereo : « Si No Fuera Por… - Remasterizado 2007 » extrait de l’album « Nada Personal » 
  • Caifanes : « La Negra Tomasa - Bilongo - Versión Tropical » extrait de l’album « Caifanes » 
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