Toute cette semaine Michka Assayas a une pensée émue et vous le fait savoir dans cet hommage rendu à la grande, à l'inoubliable Aretha Franklin.

Hommage pour Aretha Franklin à l'extérieur de l'église baptiste New Bethel.
Hommage pour Aretha Franklin à l'extérieur de l'église baptiste New Bethel. © Getty / Bill Pugliano

Musique de l’âme, oui, c’est la traduction littérale, la soul, on l’a dit et répété, est le dérivé séculier du gospel chrétien, à la lettre, la musique de l’évangile. Le gospel embrasse tous ces cantiques chantés à pleins poumons, parfois dans un état de transe, par des assemblées de croyants, c’est en tout cas sa source et son essence.

Des croyants appartenant à l’une de ces multiples églises de diverses obédiences, on a pu les désigner comme des sectes, qui pullulent aux États-Unis et pas seulement d’ailleurs : méthodistes, pentecôtistes, adventistes du septième jour, baptistes, j’en passe. Baptiste, c’était l’église à laquelle appartenait Aretha Franklin, puisque son père, le pasteur Clarence LaVaughn Franklin, CL Franklin, délivrait de sa voix d’or depuis son, temple de New Bethel, au cœur de la ville de Détroit des sermons extrêmement réputés. Au point qu’on le faisait venir partout aux États-Unis, bien au-delà de sa ville et de l’État du Michigan, pour délivrer la bonne parole.

Celui qu’on surnommait « la Voix à 1 million de dollars » monnayait d’ailleurs son bel organe à quatre mille dollars la prestation. Une fortune dans les années cinquante. CL Franklin enregistrait aussi ses homélies sur disque. Quand il partait en tournée, il emmenait avec lui ses trois filles, encore enfants, la petite Aretha, déjà un prodige au piano et au chant bien sûr, Erma et Carolyn, également chanteuses. Historiquement, le premier chanteur ayant franchi la frontière du gospel vers la musique séculière, celui en tout cas auquel on a appliqué pour la première fois la notion de chanteur soul, avait pour nom Sam Cooke - même si Ray Charles avait revendiqué lui aussi, parallèlement, la même notion mais sa palette était plus large. Sam Cooke avait tourné, à la fin des années 50, le dos au gospel et chanté l’amour sensuel et charnel de sa belle voix tendre et veloutée.

Ce qui avait suscité un scandale dans sa famille et, plus largement, la secte baptiste à laquelle il appartenait.

Aretha Franklin : 

  • « Chain of Fools » extrait de l’album Lady Soul (1968)
  • « I Never Loved a Man (the Way I Love You) » extrait de l’album I Never Loved a Man the Way I Love You (1967) 
  • « Save Me » extrait de l’album I Never Loved a Man the Way I Love You (1967)
  • « The Weight » extrait de l’album This Girl’s in Love with You (1970)
  • « Do Right Woman - Do Right Man » extrait de l’album I Never Loved a Man the Way I Love You (1967)
  • « Don’t Play That Song » extrait de l’album Spirit in the Dark (1970)
  • « Why I Sing the Blues » extrait de l’album Spirit in the Dark (1970)
  • « Good to Me As I Am to You » extrait de l’album Lady Soul (1968)
  • « The House That Jack Built » extrait de la compilation Soul Queen : Aretha Franklin (1992)
  • « I Say a Little Prayer » extrait de l’album Aretha Now (1968)
  • « Lean on Me » extrait de la compilation Rare & Unreleased Recordings from the Golden Reign of the Queen of Soul (2007)
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