Initialement connu comme leader des Modern Lovers, groupe considéré comme l'une des meilleures influences de la scène punk rock américaine, Jonathan Richman a poursuivi une longue carrière, atypique, discrète et extrêmement prolifique. Michka Assayas nous raconte ...

Le chanteur, Jonathan Richman, sur scène pendant le festival Beach Goth au parc historique national de Los Angeles le 5 août 2018, en Californie.
Le chanteur, Jonathan Richman, sur scène pendant le festival Beach Goth au parc historique national de Los Angeles le 5 août 2018, en Californie. © Getty / Scott Dudelson

Tous les chanteurs punks, de Joey Ramone à Ian Curtis, en passant par Johnny Rotten, ont d’abord cherché, avant de trouver leur propre style, à adopter ce phrasé comme dégoûté, ces intonations froides et dédaigneuses. Sauf que celui qui les avait précédés, Jonathan Richman, était passé, juste au moment où l’histoire du punk rock commençait, à autre chose. On pourrait dire au contraire. 

Les chanteurs punks étaient des gens très doux dans la vie qui, sur scène, jouaient aux méchants. Jonathan Richman, lui, c’était, sinon l’inverse, quelque chose d’opposé. C’était un type qui, dans la vie, était très mal à l’aise, peu communicatif, quand il vous parlait on avait l’impression que c’était pour lui une torture. J’en ai gardé un souvenir très précis, je l’avais interviewé en 1982, ça fait un sacré bail, eh bien jamais un musicien à qui j’ai parlé de toute ma vie ne m’a semblé habité d’un tel mal-être. 

On disait de lui, j’ignore à quel degré c’était vrai, qu’il avait séjourné en hôpital psychiatrique. Toujours est-il, et ça s’est avéré, qu’il a chanté dans des hôpitaux psychiatriques, devant des patients, en petit comité. Cette expérience a modifié du tout au tout son rapport à la scène. Jonathan Richman a refusé brusquement les procédés conventionnels des concerts de rock : l’amplification excessive, le bruit, l’agressivité. Au contraire, il s’est mis à rechercher des sons atténués, à jouer avec la sourdine, à instaurer des moments de silence, à dialoguer avec le public, à le faire rire, chanter en chœur, imiter des bruits d’animaux ou d’insectes, exactement comme un chanteur pour enfants. Sauf que Jonathan Richman avait un public de grands enfants qui partageaient avec lui un amour pour le rock’n’roll des origines, celui du Texan Buddy Holly, par exemple, un de ses grands modèles.

The Modern Lovers : 

  • « Roadrunner » extrait de l’album « The Modern Lovers » 
  • « She Cracked » extrait de l’album « The Modern Lovers » 

Jonathan Richman & the Modern Lovers : 

  • « New England » extrait de l’album « Roadrunner - The Beserkley Collection » 
  • « Ice Cream Man » extrait de l’album « Rock’n’Roll with the Modern Lovers » 
  • « Egyptian Reggae - Live » extrait de l’album « Rock’n’Roll with the Modern Lovers » 

Jonathan Richman :

  • « When I Dance » extrait de l’album « I’m So Confused » 
  • « That Summer Feeling » extrait de l’album « Jonathan Sings! » 
  • « I Was Dancing in the Lesbian Bar » extrait de l’album « Action Packed - The Best of Jonathan Richman » 

Jonathan Richman & the Modern Lovers :  « Here Come the Martian Martians » extrait de l’album « Roadrunner - The Beserkley Collection » 

Jonathan Richman : 

  • « Cosi veloce » extrait de l’album « Not So Much to Be Loved As to Love » 
  • « On a du soleil » extrait de l’album « Not So Much to Be Loved As to Love » 

Jonathan Richman & the Modern Lovers : 

  • « Back in Your Life » extrait de l’album « Back in Your Life » 
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