Dans Very Good Trip, il y a quelqu’un qui est de retour et franchement, lui, on ne l’attendait plus. En tout cas pas en forme comme ça.

Le musicien, auteur-compositeur et chanteur, cofondateur du groupe rock britannique The Rolling Stones, à la Mostra de Venise à Sala Grande le 7 septembre 2019.
Le musicien, auteur-compositeur et chanteur, cofondateur du groupe rock britannique The Rolling Stones, à la Mostra de Venise à Sala Grande le 7 septembre 2019. © Getty / Rocco Spaziani / Archivio Rocco Spaziani / Mondadori Portfolio

Dingue, non? Il aura fallu quarante-quatre ans à Mick Jagger pour écrire et chanter sa première chanson punk. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

On a dit beaucoup de choses sur ce titre sorti il y a trois semaines par surprise et que Jagger, même s’il l’avait souhaité, n’aurait pas pu réaliser avec son vieux frère ennemi Keith Richards et les Stones. 

« Eazy Sleazy », facile ni vu ni connu, on pourrait dire, même le titre est punk. Mick Jagger, confiné, plus qu’agréablement, à l’intérieur de son château de Fourchette, dans le beau pays de la Loire, tout près d’Amboise, a eu l’idée lumineuse, que dis-je géniale, de faire appel à l’excellent Dave Grohl, l’homme des Foo Fighters, un groupe de rock sans prétention aucune mais qui, depuis plus de vingt ans qu’il existe, s’est maintenu à un excellent niveau de puissance et de qualité. 

Comme tout le monde, je ne m’y attendais pas du tout. J’ai découvert cette chanson par accident, grâce à un ami qui me l’a envoyé sur mon téléphone, avec la vidéo qui l’accompagne. Dans cette vidéo, on voit les deux hommes donnant tout ce qu’ils peuvent, chacun dans son chez soi confiné. Jagger face à un micro mais aussi à la guitare, c’est plus rare mais c’est déjà arrivé, et c’est logique puisque c’est lui qui a trouvé la suite d’accords et la mélodie. Dave Grohl aussi, à la guitare, il est impressionnant, comme toujours, depuis son salon de musique dans sa grande maison de Los Angeles. C’est aussi lui qui joue de tous les instruments. 

J’ai commencé à regarder et écouter par curiosité et j’ai eu, très vite, la chair de poule. La dernière chanson des Stones, « Living in a Ghost Town », on habite une ville fantôme, réalisée durant le premier confinement, était excellente mais là, c’est autre chose. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Il y a une exaspération, un sarcasme et un cri d’espoir qui nous vont droit au cœur, dans nos cages, surtout quand elles ne sont pas vastes et dorées comme celles de Jagger et de Grohl. Les paroles s’affichent sur la vidéo et, on ne le souligne jamais assez, Jagger se révèle, une fois de plus comme un parolier percutant. 

Et voilà, s’exclame-t-il, plus de tournées, quand on regarde le foot à la télé, ils mettent de pseudo-applaudissements, et puis le vieux parle du monde des jeunes, mettant en scène le côté pathétique que ça peut avoir, il regarde des danses sur TikTok, il parle à des gens sur Zoom, il s’abrutit à regarder des séries, il fait semblant d’apprendre une langue étrangère, il prend des cours de samba en ligne et quand il ne sait plus quoi faire il se sert un verre et récure pour la dixième fois l’évier. 

Il y a aussi un couplet, très drôle sur les délires paranoïaques qui nous entourent et, parfois, traversent les meilleurs d’entre nous : « Si je me fais vacciner, Bill Gates va me surveiller, etc etc ». Mais ce qui fait le plus ce bien, dans cette chanson, c’est ce cri de délivrance, cet optimisme malgré tout, qui reste, au fond, ce que cette génération des baby-boomers, proche de l’extinction aujourd’hui, nous aura apporté de meilleur : l’espoir, la lumière, la certitude que, même si le monde est merdique au possible, on va s’en sortir et que la joie est toujours possible. Et c’est un truc qui ne meurt jamais. 

Quand Jagger s’exclame : 

Mais oui, ça va aller, la nuit va être d’enfer, on va retourner au paradis, ouais, facile, croyez-moi, et, vous verrez, ça sera un souvenir qu’on n’oubliera pas de bien effacer », 

Évidemment qu’on a tous envie de le suivre. Au fond, tout ça n’a rien de surprenant. Jagger s’approche des quatre-vingts ans et c’est un âge qui a un point commun avec la jeunesse : l’urgence, pas de temps à perdre.

  • Mick Jagger with Dave Grohl : « Eazy Sleazy » single 
  • Tom Jones : « Talking Reality Television Blues » extrait de l’album «  Surrounded by Time » 
  • Curtis Salgado : « The Longer That I Live » single 
  • Van Morrison : « Love Should Come with a Warning » single 
  • Loretta Lynn : « Still Woman Enough » (featuring Reba McEntire & Carrie Underwood) extrait de l’album «  Still Woman Enough » 
  • Emmylou Harris & Rodney Crowell : « The Traveling Kind » extrait de l’album « The Traveling Kind » 
  • Chris Smither : « Lonely Time » extrait de l’album « More from the Levee » 
  • Moby : « The Lonely Night - Reprise Version » (featuring Mark Lanegan & Kris Kristofferson) single 
  • Bob Dylan : « Black Rider » extrait de l’album «  Rough and Rowdy Ways » 
  • Paul McCartney : « Deep Down » extrait de l’album « McCartney III » 
  • Willie Nelson : « I’ll Be Seeing You » single 
L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.