Michka Assayas a repéré pour vous toutes les bonnes musiques à écouter en boucle et partage ses découvertes ce soir !

Le groupe punk suédois Viagra Boys en concert pendant le festival de musique norvégien Slottsfjell Festival le 12 juillet 2017.
Le groupe punk suédois Viagra Boys en concert pendant le festival de musique norvégien Slottsfjell Festival le 12 juillet 2017. © Getty / PYMCA / Avalon / UIG

« Down in the Basement », c’était, comment dire, non pas chanté mais râlé par un garçon mi-américain mi-suédois, Sebastian Murphy, qui exerce à Stockholm, en Suède, donc,l’activité de tatoueur. Et c’est d’ailleurs en sympathisant avec certains de ses jeunes clients qu’il a eu l’idée de former un groupe qui,  à l’heure où je vous parle, a pour réputation d’être un des plus fracassants sur scène en Europe. 

Il s’appelle, ne riez pas, enfin si, vous pouvez, les Viagra Boys. Ils existent depuis trois ans déjà et leur premier album, Street Worms, vient d’être publié par un label suédois généralement dévolu au hip-hop. Alors pourquoi ce nom rigolo? 

Eh bien Sebastian et les autres Viagra Boys, ils sont six en tout, racontent que c’est pour se moquer du culte de la virilité triomphante, qui est, c’est ce qu’ils rapportent en tout cas, très poussé dans les pays du nord. 

Une de leurs chansons, « Can’t Get It Up », est une allusion transparente à la défaillance sexuelle qui peut survenir quand un homme a, paraît-il, abusé de certaines substances. Ce qui peut l’inciter, eh oui, à en prendre d’un autre genre. Ils ont l’air de rire, comme ça, mais ce n’est pas si rigolo, enfin, si ça l’est, mais dans un genre grinçant : aujourd’hui les hommes sont tombés en bas de l’échelle, pense-t-il, ils n’ont plus d’autre choix que de se détester, puisque tout ce qui ne va pas dans le monde aujourd’hui, c’est à cause d’eux. 

À l’origine, Sebastian n’imaginait pas du tout qu’il oserait se présenter sur une scène et chanter avec toutes ses tripes. Cet homme plutôt tranquille et pondéré dans la vie, amateur de groupes comme Queens of the Stone Age mais aussi de jazz, a longtemps pratiqué la musique en amateur, à la recherche d’une perfection qu’il n’atteignait jamais. Et quand on est perfectionniste, quel que soit l’art qu’on pratique, c’est très inhibant. Il a fallu quelques soirées de beuveries avec ses jeunes amis tatoués pour que, devant un micro, abandonnant tout contrôle, il se transforme en bête sauvage. C’est d’ailleurs arrivé d’une façon inattendue. Au cours d’un karaoké, il s’est mis à beugler une chanson de Mariah Carey qu’il aimait bien, « We Belong Together ».  

Les Viagra Boys seront en tournée européenne à la mi-décembre, il y aura des dates à Vienne en Autriche et à Berlin, en Allemagne, évidemment, mais hélas rien en France. Il faudra être attentif en 2019.

  • Viagra Boys : « Down in the Basement » extrait de l’album « Street Worms » 
  • IDLES : « Never Fight a Man with a Perm » extrait de l’album « Joy As an Act of Resistance » 
  • Tropical Fuck Storm : « The Future of History » extrait de l’album « A Laughing Death in Meatspace » 
  • Yak : « White Male Carnivore » single 
  • Mudhoney : « Nerve Attack » extrait de l’album « Digital Garbage » 
  • Fucked Up : « Raise Your Voice Joyce » extrait de l’album « Dose Your Dreams » 
  • Cloud Nothings : « On an Edge » extrait de l’album « Last Building Burning » 
  • Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs : « GNT - Radio Edit » single 
  • Tom Morello : « Rabbit’s Revenge (feat. Bassnectar, Big Boi & Killer Mike) » extrait de l’album « The Atlas Underground » 
  • Cypress Hill : « Locos » extrait de l’album « Elephants on Acid » 
  • The Prodigy : « Fight Fire with Fire (feat. Ho99o9) » extrait de l’album « No Tourists » 
  • Alejandro Esccovedo : « Teenage Luggage » extrait de l’album « The Crossing » 
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