Ce soir, dans Very Good Trip, une seule voix et quelle voix !

Le chanteur Tom Jones sur scène pendant le Festival Stagecoach à l'Empire Polo Field le 28 avril 2019 à Indio, en Californie.
Le chanteur Tom Jones sur scène pendant le Festival Stagecoach à l'Empire Polo Field le 28 avril 2019 à Indio, en Californie. © AFP / Frazer Harrison / Getty images Amérique du nord pour Stagecoach

On entend parfois dire que la musique populaire des années soixante a été dominée par les Beatles et les Stones. Eh bien, durant la seconde moitié des années soixante, au Royaume Uni et aux États-Unis, en tout cas, Tom Jones a eu plus de tubes et de chansons passant à la radio que les Stones. Il est vrai que ce n’était pas le même public. 

Les Stones parlaient aux très jeunes, Tom Jones aux moins jeunes. Il portait les cheveux courts et soignés, il chantait en complet trois pièces, il avait, mettons, plutôt une image à la Sacha Distel : celle d’un chanteur familial et bien élevé. Enfin bien élevé, il ouvrait ses chemises sur son poitrail velu, il portait des pantalons ultra-serrés et dans sa façon de bouger, de crier, de se mettre en nage, de faire le show, c’était plus Elvis à Las Vegas ou Johnny. Il avait une virilité assurée d’homme mûr et sûr de lui, et ce dès son plus jeune âge. 

Vous comparez des photos de Mick Jagger et de Tom Jones à vingt-cinq ans : le premier a l’air d’un gamin à problèmes, le second d’un homme archaïque, marié et père de famille, qui rapporte le bifteck à la maison. Ce qu’était Tom Jones. Fils d’un mineur de fond dans le pays de Galles, il avait épousé son amour d’enfance à seize ans, ils n’ont d’ailleurs jamais divorcé, et était devenu père au même âge. Il avait travaillé à l’usine et sur des chantiers et, pour lui, chanter n’a jamais été un travail, mais au contraire toujours une joie, un jeu. À l’école, il souffrait parce qu’il n’arrivait pas à écrire correctement, il était dyslexique, ça l’humiliait. Alors, chanter, comme il avait l’habitude de le faire lors de la distribution des prix, et pour toutes les occasions qui se présentaient, anniversaires, fêtes de famille, etc, c’était pour lui comme une revanche, il était en vedette, tout le monde le regardait et le complimentait sur sa voix. 

Bon, je vais être franc : quand j’étais enfant, Tom Jones, pour moi, c’était le comble de la ringardise. Ses chansons avaient un côté mélodramatique, vieillot, sa façon de hurler comme Luis Mariano accompagné par un grand orchestre me paraissait d’une autre époque. Gilbert Bécaud me paraissait plus moderne et d’ailleurs il l’était. C’est le style qu’on attendait de lui et qui enchantait son public, surtout féminin. 

Mais Tom Jones était né la même année que John Lennon, 1940, et il avait vibré aux premières chansons d’Elvis, à Little Richard, au blues et au rhythm’n’blues. C’est de là qu’il venait et, quand on le laissait chanter dans ce style, il était éblouissant. A l’occasion de cette heure que l'on va passer avec Tom Jones, j’ai choisi de mettre en lumière ce répertoire blues et soul, très noir, qu’il a admirablement illustré, surtout dans la seconde partie de sa carrière.

The Art of Noise : « Kiss » (featuring Tom Jones) extrait de l’album « The Best of the Art of Noise » 

Tom Jones : 

  • « Lust for Life » (featuring Pretenders) extrait de l’album « Reload » 
  • « Mama Told Me Not to Come » (featuring Stereophonics) extrait de l’album « Reload » 
  • « Burning Down the House » (featuring the Cardigans) extrait de l’album « Reload » 
  • « She’a a Lady » extrait de l’album « Tom Jones Sings She’s a Lady » 
  • « Hide and Seek » extrait de la compilation « Hide and Seek (The Lost Collection) » 
  • « I Got Your Number » extrait de l’album « Memories Don’t Leave Like People Do »
  • « I (Who Have Nothing) » extrait de l’album « I Who Have Nothing » 
  • « Green Green Grass of Home » extrait de l’album « Green Green Grass of Home » 
  • « Burning Hell » extrait de l’album « Praise & Blame » 
  • « Pop Star » extrait de l’album « Surrounded by Time » 
  • « Sexbomb » (featuring Mousse T.) extrait de l’album « Reload » 
  • « I Won’t Lie » extrait de l’album « Surrounded by Time » 
  • « Tower of Song » extrait de l’album « Spirit in the Room » 
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