Ce soir, Very Good Trip va célébrer un autre temps où une certaine musique était, comment dire, entourée d’un certain mystère. Et faisait rêver autrement.

Lisa Gerrard et Brendan Perry de Dean Can Dance en concert au Grand Rex le 10 mai 2019 à Paris, France.
Lisa Gerrard et Brendan Perry de Dean Can Dance en concert au Grand Rex le 10 mai 2019 à Paris, France. © Getty / David Wolff - Patrick / Redferns

Forcément vous vous souvenez de ça si vous écoutiez Bernard Lenoir sur France Inter au milieu des années quatre-vingt-dix. « Cannonball » par les Breeders, ça a été une sorte de tube dans la sphère, encore modeste, de ce qu’on appelait le rock indépendant. Indie rock, rock indé.

Au temps où ces choses-là avaient encore un sens. Un sens déjà altéré quand « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana, en 1991-92, est devenu un tube mondial. Nirvana était un groupe sorti de l’underground et il avait quitté Sub Pop, la petite compagnie de Seattle qui l’avait lancé, pour confier son sort à une multinationale, provoquant une sorte de crise de conscience chez Kurt Cobain. 

En ce temps-là la notion d’une musique, entre guillemets, pas comme les autres, pure et dure, anti-establishment, défendue par des amateurs et des passionnés, parfois intolérants, voire intégristes, était encore très vivante. Et au cœur de tout ça il y avait justement une petite maison de disques pas comme les autres, Four AD, 4 AD, basée à Londres, qui a joué durant cette période-charnière, un rôle central. Et dont l’histoire, le destin racontent le passage, contradictoire et difficile, de l’underground à ce qu’on appelle le mainstream, le courant principal. 

Il se trouve, je vous en ai parlé avant-hier déjà, que la compagnie Four AD, aujourd’hui basée aux États-Unis, ça fait longtemps qu’elle a été rachetée, célèbre ses quarante ans d’existence. Par une compilation où des artistes d’aujourd’hui reprennent des titres, souvent obscurs, qui ont fait son histoire. Si je vous parle de groupes comme Cocteau Twins, Dead Can Dance, His Name Is Alive, bien sûr les connaisseurs vont en être fort aise, comme disait La Fontaine, mais beaucoup lèveront un sourcil interrogateur.

  • The Breeders : « Cannonball » extrait de l’album « Last Splash » 
  • Modern English : « I Melt with You » extrait de l’album « After the Show - 7’’ Mix » 
  • Ultra Vivid Scene : « Special One » extrait de l’album « Joy 1967-1990 » 
  • Kristin Hersh : « Your Ghost » extrait de l’album « Hips and Makers » 
  • Tarnation : « Like a Ghost » extrait de l’album « Mirador » 
  • Dif Juz : « Love Insane » extrait de l’album « Extractions » 
  • This Mortal Coil : « Song to the Siren - Remastered » extrait de l’album « It’ll End in Tears » 
  • Le Mystère des voix bulgares : « Pilentze Pee » extrait de l’album « Le Mystère des voix bulgares Vol. 1 » 
  • Dead Can Dance : « The Writing on My Father’s Hand - Remastered » extrait de l’album « The Serpents’ Egg » 
  • Gus Gus : « Polyesterday » extrait de l’album « Polydistortion » 
  • Red House Painters : « Summer Dress » extrait de l’album « Ocean Beach » 
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