Michka Assayas a décidé de commencer cette nouvelle année tout en douceur, avec l'ex-leader de Dire Straits, Mark Knopfler, qui cultive une nonchalance assumée et qui est revenu l'année dernière avec un album solo : "Down the Road Wherever".

Mark Knopfler, auteur, compositeur, guitariste, et chanteur, le 31 mars 2016 à Madrid, en Espagne.
Mark Knopfler, auteur, compositeur, guitariste, et chanteur, le 31 mars 2016 à Madrid, en Espagne. © Getty / Fotonoticias / WireImage

Alors que dire de ce nouvel album que j’ai écouté, comme je suis souvent obligé de le faire, en diagonale ? Dans cette chanson qu’on vient d’entendre « Back on the Dance Floor », il y a une petite variante, on ne saurait parler de nouveauté dans son cas, ce n’est jamais d’ailleurs ce qu’a recherché ce musicien profondément attaché aux traditions : une voix féminine, celle de la remarquable chanteuse irlandaise Imelda May, et aussi un saxophone jazzy. 

Mark Knopfler a enregistré son nouvel album aux British Grove Studios qui lui appartiennent et sont situés dans le quartier de Hammersmith, c’est l’ouest de Londres. Des studios qui ont donné leur nom à son propre label, lequel diffuse désormais ses enregistrements. Des studios qui font partie des plus recherchés de la ville. C’est là que, par exemple, les Rolling Stones ont enregistré leur dernier album en date, le très blues Blue and Lonesome, paru en 2016. 

Pourquoi ? Eh bien parce qu’ils sont à la fois en pointe dans l’équipement électronique et numérique et qu’ils possèdent la plus grand éventail d’équipements et matériel vintage de la ville, micros, amplis, consoles, etc. Un matériel assemblé avec patience par ce passionné qu’est Mark Knopfler. Qui a récemment déclaré ceci : « Quand je débarque dans ce studio et que je vois dans le coin d’une pièce une paire de guitares rangées là, je ressens la même excitation que quand j’étais môme ». 

Alors je vais être franc avec vous, même si ce que j’ai à vous dire n’a d’intérêt que pour une minorité d’entre vous. Quand j’étais jeune critique, et que l’embrasement punk et l’explosion grinçante de la new wave me galvanisaient et me rendaient très intolérant, au temps où je n’avais d’oreilles que pour Elvis Costello, Joy Division ou tant d’autres, eh bien, Dire Straits, pour moi, c’était l’ennemi. Une musique de vieux faite pour des jeunes vieux qui voulaient que rien ne change. Maintenant que toutes ces vieilles querelles n’intéressent plus que les historiens, il faut admettre que le traditionalisme serein, blues, folk, rock’n’roll, celtique aussi, de Dire Straits a eu une influence immense sur toute une génération de musiciens qui ont l’âge d’être les enfants et parfois même les petits-enfants de Mark Knopfler.

  • Mark Knopfler : « Back on the Dance Floor » extrait de l’album « Down the Road Wherever » 
  • Kurt Vile : « Loading Zones » extrait de l’album « Bottle It In » 
  • Jeff Tweedy : « I Know What It’s Like » extrait de l’album « WARM » 
  • The War on Drugs : « In Chains - Edit » single 
  • M. Ward : « Miracle Man » extrait de l’album « What a Wonderful Industry » 
  • Cass McCombs : « Estrella » single 
  • Steve Gunn : « Stonehurst Cowboy » single 
  • Dave Alvin and Jimmie Dale Gilmore : « Get Together » extrait de l’album « Downey to Lubbock »
  • The Lost Brothers : « Halfway Towards a Healing » extrait de l’album « Halfway Towards a Healing »
  • Ryley Walker :« Busted Stuff » extrait de l’album « The Lillywhite Sessions » 
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