Ce matin, on se transporte de nouveau cinquante ans en arrière, au cœur d’une incroyable effervescence. Celle qui a précédé la naissance d’un rassemblement sans précédent, une communion d’un genre nouveau autour de la musique.

Photo datant du 1er août 1969 de Mike Lang et Artie Kornfeld, producteurs de musique et organisateurs du Festival de Woodstock.
Photo datant du 1er août 1969 de Mike Lang et Artie Kornfeld, producteurs de musique et organisateurs du Festival de Woodstock. © Getty / Bill Eppridge / La collection d'images LIFE
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Résumé de l'épisode 1 : "Les illustres absents du festival"

Par Marie-Hélène Fauquet

Il y a un demi-siècle, toute une jeunesse aux États-Unis a encore un espoir fou. Une croyance utopique en une autre société tournée vers l’harmonie et la paix universelle, où priment l’amour et l’innocence.  

Pourtant, il y a de la menace et même de la violence dans l’air : émeutes raciales, guerre anti-communiste au Vietnam, le pays est déchiré. La musique qu’on entend aux Etats-Unis en cette année 1969 traduit ces contradictions : on oscille entre l’espoir et l’angoisse, la joie extatique et l’appréhension d’une menace.  

Le mouvement psychédélique, né sur la Côte Ouest des Etats-Unis a essaimé dans le reste du pays et ces nouvelles expériences psychiques, sensorielles, spirituelles ont entraîné des fusions musicales et sonores inédites. De grands rassemblements de la jeunesse s’organisent, où la musique est non le prétexte mais la source d’inspiration, l’accompagnement d’expériences collectives d’un type nouveau. Ces rassemblements ont eu lieu sur les deux Côtes, en Californie, d’abord, puis à Miami, en Floride, sur la côte Est.  

Mais alors pourquoi Woodstock ? Pourquoi organiser le plus grand festival de musique jamais imaginé en pleine cambrousse, au milieu de nulle part, à une heure de voiture de New York, là où il n’y avait strictement rien ? À première vue, ça n’avait aucun sens. 

À l’origine, il y avait un jeune millionnaire new-yorkais, John Roberts, l'héritier d'une fortune faite dans l'industrie du dentifrice et son copain Joel Rosenman. Ils s’étaient rencontrés sur un terrain de golf et, au départ, étaient à mille lieues de vouloir financer un festival de folk et de rock. En fait, ils avaient eu l'idée de vendre à un producteur de télévision un projet de feuilleton comique, mettant en scène les aventures de « deux entrepreneurs disposant de plus d’argent que de cervelle, sauvés in extremis des conséquences désastreuses de leur incompétence ». Dans cette perspective, ils avaient fait passer, en mars 1968, une annonce dans le Wall Street Journal et le New York Times afin d’attirer des farfelus en tout genre à même de nourrir leur scénario.  

Jusqu’à ce que se présentent deux chevelus du nom de Michael Lang et Artie Kornfeld qui vont changer le cours de cette histoire, et, très vite, de l’histoire tout court…

  • Led Zeppelin : « Good Times Bad Times » extrait de l’album Mothership (remastered, 2007)
  • Iron Butterfly : « In-a-Gadda-da-Vida » extrait de la compilation The Best of Iron Butterfly – Light and Heavy (1993)
  • Traffic : « Smiling Phases » extrait de la compilation The Best of Traffic (1969)
  • The Youngbloods : « Get Together » extrait de la compilation Get Together : The Essential Youngbloods (2002)
  • The Temptations : « Don’t Let the Joneses Get You Down » extrait de l’album Puzzle People (1969)
  • Jeff Beck : « Plynth (Water Down the Drain) » extrait de l’album Beck-Ola (remastered 2004)
  • John Mayall : « Room to Move » live au Fillmore East (1969)
  • Tommy James & the Shondells : « Crystal Blue Persuasion » extrait de l’album Crimson & Clover (1969)

"Woodstock - Three days of peace and music" par Michka Assayas chez GM Editions

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