Very Good Trip vous mets en garde, vous allez entendre à présent un bruit comparable, en intensité, à celui d’un avion à réaction.

Le musicien, chanteur, auteur-compositeur, danseur et producteur James Brown sur la scène du Hammersmith Odeon à Londres en décembre 1981.
Le musicien, chanteur, auteur-compositeur, danseur et producteur James Brown sur la scène du Hammersmith Odeon à Londres en décembre 1981. © Getty / David Redfern / Redferns

Vous avez entendu ces cris stridents, comparables à ceux d’une volière, que dis-je, cent, mille volières amplifiées. Ces cris légendaires qui accompagnaient les concerts des Beatles, évidemment, c’était eux, enregistrés en août 1965 au Hollywood Bowl de Los Angeles. 

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Des cris, essentiellement féminins, qui, selon la légende, en tout cas celui qui supervisait leurs enregistrements, George Martin, le prétendait, étaient aussi bruyants que le son émis par un avion à réaction au décollage. 

Des cris dont l’écrivain américain Paul Theroux disait qu’ils ont eu comme une vertu révélatrice : les jeunes filles, jeunes femmes, des mères, aussi, signalaient, selon lui, à la communauté, à l’ensemble de la société, par leurs cris, qu’une nouvelle force était en train d’envahir la Terre. Que cette musique, le rock’n’roll, après Elvis, incarnait la délivrance tant attendue. Et que les femmes avaient été les premières à le sentir et à le comprendre. 

En délivrant leurs poumons, elles délivraient leur corps et le carcan qui oppressait les humains dans les sociétés dites civilisées et développées. Et, selon Theroux, les femmes avaient été les premières à comprendre que cette vague de joie allait déferler comme un tsunami et tout emporter - ou presque, c’est ce que beaucoup croyaient ou espéraient - sur son passage. C’était, si vous voulez, comme le marin espagnol qui, selon la légende, fut le premier, en 1492, sur la caravelle de Christophe Colomb à crier "Terre !".

Parce que, quand les Beatles ont découvert l’Amérique, ils ont surtout aidé l’Amérique à se redécouvrir elle-même et, en tout cas, retrouver foi en elle.

Bon, je pourrais déblatérer longtemps comme ça mais ce n’est pas le but de cette émission. Voilà, je me suis dit que ce dont les amateurs de musique souffrent le plus dans les tristes temps que nous traversons, c’est de l’impossibilité de se réunir, de se retrouver, d’être ensemble. Que ce soit à cinq mille dans un champ de patates ou à vingt dans une cave, ne plus sentir les corps onduler autour de soi, les bras se lever, les poitrines expectorer, les gorges s’égosiller, c’est un vide impossible à combler. C’est ce qui m’a donné l’envie, plus encore que l’idée, d’entendre et de vous faire entendre de la musique en public. Des enregistrements de concerts, parmi les meilleurs de l’histoire du rock, au sens large blues, soul, funk, où l’on entend, où l’on sent les gens heureux, exaltés, parfois comme fous de bonheur ou d’émotion, comme arrachés, quelques heures, à leur solitude ou, simplement, à leur individualité étroite. 

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Et comment ne pas commencer par lui ? Par celui qui, grâce à un album enregistré en public et paru en 1963, a créé une sorte de déflagration. Je veux parler de James Brown et de son album "Live at the Apollo", l’enregistrement d’un show que James Brown donna le 24 octobre 1962, dans une salle de New York. 

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Le public blanc, qui ne connaissait rien de tout ça, a pu découvrir une sorte de liturgie sacrée mettant en scène la vie quotidienne de l'homme noir. On y entend James Brown, comme possédé, dialoguer avec son public déchaîné. Le succès a été phénoménal : l’album "James Brown Live at the Apollo" est demeuré à la deuxième place du hit-parade plusieurs semaines d'affilée. Ce disque reste l'un des plus révolutionnaires et des plus influents jamais enregistrés, modèle des futurs disques live des groupes de rock.

The Beatles : 

  • Twist and Shout extrait de l’album "Live at the Hollywood Bowl" (remastered) 
  • She’s a Woman extrait de l’album "Live at the Hollywood Bowl" (remastered) 

James Brown : 

  • I’ll Go Crazy extrait de l’album "Live at the Apollo, 1962"
  • Try Me extrait de l’album "Live at the Apollo, 1962"

Sam Cooke : 

  • Chain Gang extrait de l’album "One Night Stand ! - Live at the Harlem Square Club"
  • Twistin’ the Night Away extrait de l’album "One Night Stand ! - Live at the Harlem Square Club"

The Temptations : 

  • My Girl extrait de l’album "Temptations Live!"
  • Ain’t Too Proud to Beg extrait de l’album "Temptations Live!"

Otis Redding : 

  • Shake extrait de l’album "Captured Live at the Monterey International Pop Festival"
  • I’ve Been Loving You Too Long (to Stop Now) extrait de l’album "Captured Live at the Monterey International Pop Festival"

Curtis Mayfield : People Get Ready extrait de l’album "Curtis/Live !"

Marvin Gaye : Inner City Blues (Make Me Wanna Holler), extrait de l’album "Marvin Gaye Live!" 

Aretha Franklin & King Curtis : Spirit in the Dark - Live at Fillmore West, San Francisco, CA, 3/5/1971 extrait de l’album "Aretha Franklin & King Curtis Live at Fillmore West - Don’t Fight the Feeling"

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