C’est ce soir, et pas hier, que vous auriez dû mettre un bandeau dans les cheveux, parce qu’on va naviguer entre psychédélisme et électro-pop.

Gaz Coombes sur scène à l'Alexandra Palace en 2016 à Londres.
Gaz Coombes sur scène à l'Alexandra Palace en 2016 à Londres. © Getty / Gus Stewart

_"« Deep Pockets », une chanson extraite d’un album qui vient tout juste de sortir, signé par Gaz Coombes. Un musicien qui vient d’un village du sud de l’Angleterre, près d’Oxford. Il a connu une grande notoriété il y a bien longtemps déjà, alors qu’il n’avait même pas vingt ans. Le nom de Gaz Coombes ne vous est peut-être pas familier mais si vous êtes en âge d’avoir été enflammé, au temps de votre lointaine jeunesse ou enfance, par ce qu’on appelait la Britpop, vous vous rappelez sûrement un groupe qui s’appelait Supergrass. Révélé au milieu des années 90, Supergrass n’avait ni l’imagination de Blur ni le charisme de Oasis. Pour autant ce trio de gamins, tous excellents musiciens, surtout le batteur, Danny, impressionnant, c’était le Keith Moon de sa génération, dégageait une énergie qui lui donnait une place à part. Et certaines de leurs chansons, je sais pas si vous vous souvenez de « Caught by the Fuzz », c’était ma préférée, vous entraient dans la tête pour ne plus jamais en sortir, comme celles, je sais pas, des Ramones ou des Buzzcocks. Alors, l’histoire de Supergrass est celle de beaucoup de groupes qui restent liés à un mouvement, un courant, une mode. Une fois la vague retombée, le grand public passe à autre chose. Dans les années 2000, Supergrass avait le talent, oui, mais pas la singularité et la vision musicale qui lui auraient permis de rester au premier plan, comme, par exemple, un  Radiohead. Les albums que le groupe a ensuite publiés ont connu un succès décroissant et, logiquement, Supergrass a cessé ses activités en 2010. Il a fallu du temps à Gaz Coombes, comme il l’a raconté avec beaucoup de franchise au site Internet français addict culture, pour se retrouver en temps que musicien. Ce père de deux filles, dont l’une est autiste, a traversé des crises d’angoisse, de panique, même. Il s’est renouvelé, a commencé, comme beaucoup, à travailler avec des synthétiseurs et a fait, comme on dit, un travail sur lui-même. Gaz Coombes avait été jusque-là un chanteur agréable, dont les intonations rappelaient tantôt Marc Bolan de T. Rex, Ray Davies des Kinks ou encore Pete Shelly des Buzzcocks. Mais on ne savait pas trop qui il était lui vraiment, il se cachait, pour ainsi dire, derrière son talent. Comme Gaz le dit lui-même, il a peu à peu appris à se mettre au poil et c’est ainsi qu’il a trouvé sa vraie voix, v o i x. Il raconte que, pour réaliser son nouvel album, qui s’appelle World’s Strongest Man, dans les chansons duquel il s’interroge sur ce que c’est être un homme aujourd’hui – il avoue en passant que c’est dur de jouer les mâles dominants quand on est le père de deux filles – il a pratiquement tout fait tout seul chez lui. C’est à prendre au pied de la lettre. Jusque là, il travaillait dans son garage. Là, inspiré par une visite à des amis californiens, il a installé les synthés dans le hall d’entrée, la batterie dans le salon et la cabine d’enregistrement dans la cuisine. Comme il le dit simplement, faire ça dans un studio, m’aurait coûté plusieurs milliers d’euros par jour, alors que jouer au savant fou chez moi, ça me fait faire des économies. Alors Gaz Coombes s’amuse : il utilise par exemple un vieil ampli de guitare minable des années 70 qui n’a qu’un seul son, il adore, il mélange batterie physique et batterie électronique. Et dans cette liberté nouvelle, il est devenu plus qu’un meilleur musicien : un humain capable de nous ouvrir son cœur, et c’est le plus important. On reviendra sûrement à Gaz Coombes, il sera à la_ Maroquinerie à Paris le 29 mai prochain."

Programmation musicale :

  • Gaz Coombes, « Deep Pockets » album « World’s Strongest Man »
  • Parquet Courts, « Mardi Gras Beads » single
  • Wand,« Pure Romance » single
  • They Might Be Giants, « Let’s Get This Over With » album « I Like Fun »
  • Jack Ladder, « Susan » album « Blue Poles »
  • Alexis Taylor, « I Feel You » album « Beautiful Thing »
  • The Sea and Cake, « These Falling Arms » single
  • GUM,« The Underdog » album « The Underdog »
  • Hookworms,« The Soft Season » album « Microshift »
  • The Pineapple Thief, « Fend for Yourself » (featuring The Anchoress) single
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