La soul est éternelle et se renouvelle, Michka Assayas le prouve une nouvelle fois ce soir !

Charles Bradley pendant le festival de Forcastle le 16 juillet 2017 à Louisville, dans le Kentucky.
Charles Bradley pendant le festival de Forcastle le 16 juillet 2017 à Louisville, dans le Kentucky. © Getty / Timothy Hiatt / WireImage

« I Feel a Change », c’était la voix de Charles Bradley. Un enregistrement posthume qui nous fait retrouver, une dernière fois, la voix de ce chanteur dont on a appris la mort il y a plus d’un an déjà. L’album a pour titre Black Velvet, Velours noir, c’était son surnom, et il a été assemblé par ses collaborateurs du Menahan Street Band, à New York, à partir des chutes de ses albums précédents. 

Charles Bradley a disparu quelques années à peine après être apparu. On a de fait commencé à parler de lui en 2011, à l’âge de soixante ans. Avant, personne ne le connaissait. Ça a été, pour lui, une naissance professionnelle et, sur un plan personnel, comme une résurrection sur laquelle il ne comptait plus. Son histoire est en effet extravagante.

Charles Bradley a grandi à Brooklyn où il a fondé un groupe au milieu des années 60. Son déclic, comme pour beaucoup, fut un concert de James Brown à l’Apollo de New York, en 1962. Le jeune Charles a alors treize ans. Il se met à imiter James Brown, ses cris, ses pas de danse, tout. C’est le début d’une fascination qui ne s’éteindra jamais. Seulement il n’a pas grand-chose à quoi s’accrocher. Son chez lui, à Brooklyn, c’est une cave où sa mère le fait dormir à même le sol. Alors Charles préfère coucher dehors ou dans le métro. Dès qu’il en a la possibilité, il s’inscrit dans un programme gouvernemental destiné aux enfants pauvres qui, contre des travaux d’intérêt général, pour les parcs nationaux, par exemple, reçoivent des rudiments d’éducation. Un de ses copains lui dit qu’il ressemble trop à James Brown, alors Bradley se lance, tente de créer un groupe mais ça ne donne rien. De toute façon, la guerre du Vietnam et la conscription séparent le groupe. Charles survit ensuite en exerçant des métiers aux quatre coins des Etats-Unis, notamment celui de cuistot en Californie. À l’occasion, il fait des imitations de James Brown sous divers pseudonymes dans des cabarets. 

À la fin des années 90, il retourne à Brooklyn vivre auprès de sa mère. Comme celle-ci l’avait abandonné quand il avait huit mois avant de le reprendre à l’âge de huit ans, sa sœur l’ayant élevé entre-temps, et qu’il est parti de chez lui quand il en avait quatorze, eh bien, au fond, il n’a pas eu l’occasion de faire amplement connaissance avec elle. Il vivote et là, sous le nom de scène de ‘Black Velvet’, Velours noir, il se produit dans des bars en faisant des imitations de James Brown. C’est là que Gabriel Roth, alias Bosco Mann, un musicien passionné de musique soul authentique, le découvre.

  • Charles Bradley : « I Feel a Change » single 
  • Sharon Jones & the Dap-Kings : « Come and Be a Winner » extrait de l’album « Soul of a Woman » 
  • Elle King : « Shame » single 
  • St. Paul & the Broken Bones : « Apollo - Radio Edit » single 
  • Leon Bridges : « If It Feels Good (Then It Must Be) » single 
  • Tash Sultana : « Cigarettes » extrait de l’album « Flow State » 
  • Jamila Woods : « Giovanni » single 
  • Lonnie Holley : « I’m a Suspect » extrait de l’album « MITH » 
  • Hozier : « Nina Cried Power - Edit (featuring Mavis Staples) » EP « Nina Cried Power » 
  • Loma : « Black Willow » extrait de l’album « Loma » 
  • Jessie Reyez : « Sola » EP « Being Human in Republic » 

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