Ce soir, Michka Assayas poursuit son voyage avec Mark Knopfler, le héros cette semaine, armé de sa guitare magique qui semble toujours peser le poids d’une plume. En particulier, peut-être, quand il joue du blues.

L'auteur, compositeur, guitariste, et chanteur Mark Knopfler le 17 juin 2001 en concert à Amsterdam
L'auteur, compositeur, guitariste, et chanteur Mark Knopfler le 17 juin 2001 en concert à Amsterdam © Getty / Peter Pakvis / Redferns

S’il y a un musicien dont Knopfler a cherché à imiter le style, comme en sourdine, c’est bien JJ Cale. Ce n’était pas le seul, bien sûr, il a maintes fois dit et répété à quel point Bob Dylan lui avait appris, je le cite, ce qu’on pouvait accomplir dans le cadre d’une chanson. Bob Dylan qui a perçu en Knopfler, je vous en parlé hier sur France Inter, le styliste et l’esthète de la guitare blues dont il avait besoin, à la fin des années soixante-dix, pour donner à sa musique un swing nouveau. 

Et, inversement, l’exemple de Dylan a encouragé Knopfler, un journaliste de formation, à entrer, en écrivant ses chansons, dans la tête d’autres personnages, réels ou imaginaires. C’est une dimension intéressante, on n’en parle peut-être pas assez souvent au sujet de Dire Straits et des enregistrements en solo de Knopfler, bien plus riches que ce que j’imaginais. Je vous en dirai deux mots demain soir à l’occasion de ce que je tenterai d’assembler pour, vous connaissez peut-être la formule, une sorte de concert idéal, imaginaire, une heure, ce sera bien court, forcément, de Dire Straits et Mark Knopfler. 

Je peux vous livrer en attendant un témoignage intéressant que livre Knopfler dans le dernier numéro du magazine britannique Uncut : « En tournée, je descends dans des hôtels cinq étoiles. Mais j’aime bien prendre le petit-déjeuner dans des graillons à côté parce que c’est là que je rencontre les personnages qui peuplent mes chansons. » Des propos qui n’ont rien d’exagéré dans la bouche de quelqu’un qui a connu le succès tard, vers l’âge de trente ans, alors qu’il était persuadé d’être un musicien raté et qui, quelques jours avant d’être diffusé sur toutes les radios du monde développé, gagnait sa vie en faisant des déménagements. 

Alors, ce soir, on va continuer d’explorer le riche panorama des collaborations de Knopfler depuis une quarantaine d’années.

  • Eric Clapton & Friends : « Train to Nowhere » extrait de l’album « The Breeze - An Appreciation of JJ Cale » 
  • Sonny Landreth : « Blue Tarp Blues » (featuring Mark Knopfler) extrait de l’album « From the Reach » 
  • Randy Newman : « It’s Money That Matters » extrait de l’album « Land of Dreams » 
  • The Jeff Healey Band : « I Think I Love You Too Much » extrait de l’album « Hell to Pay » 
  • The Notting Hillbillies : « Your Own Sweet Way » extrait de l’album « Missing… Presumed Having a Good Time » 
  • Mark Knopfler & Emmylou Harris : « This Is Us » extrait de l’album « All the Roadrunning » 
  • Kate & Anna McGarrigle : « Love Over and Over » extrait de l’album « Love Over and Over »   
  • Nanci Griffith : « Don’t Forget About Me » extrait de l’album « Flyer » 
  • Mark Knopfler : « Storybook Love » (featuring Willy DeVille) extrait de l’album « Princess Bride »   
  • Scott Walker : « Blanket Roll Blues » extrait de l’album « Climate of Hunter »  
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