La nuit est tombée, mais là où Very Good Trip vous emmène, le soleil va briller. Il est vrai que ça se passe sur une autre planète.

Win Butler  et William Butler du groupe Arcade Fire se produisent au troisième bal annuel Krewe du Kanaval au Mahalia Jackson Theatre le 14 février 2020 à La Nouvelle-Orléans, Louisiane.
Win Butler et William Butler du groupe Arcade Fire se produisent au troisième bal annuel Krewe du Kanaval au Mahalia Jackson Theatre le 14 février 2020 à La Nouvelle-Orléans, Louisiane. © Getty / Josh Brasted / WireImage

Cette chanson, que je vous ai fait écouter sous son format radiophonique, un peu écourté, figure dans le dernier album du groupe, Everything Now, paru il y a près de quatre ans déjà, en 2017. Elle est le fruit d’une collaboration du groupe avec Thomas Bangalter, la moitié de Daft Punk, qui a pu surprendre. 

Arcade Fire est en effet un groupe très incarné qui, à ses débuts, pouvait s’apparenter à une sorte de fanfare théâtrale et poétique. Quant à Bangalter, on le connaît pour Daft Punk, et Daft Punk eh bien c’est Daft Punk. 

Au hasard de mes recherches sur le Net, je suis tombé sur la maquette de la chanson qu’on vient d’entendre, « Put Your Money on Me », telle que Win Butler, du groupe Arcade Fire, l’avait présentée à Bangalter. Un instrumental d’électro-pop industrielle rappelant les tâtonnements du début des années quatre-vingt, quelque chose qu’aurait pu faire James Murphy, de LCD Soundsystem, à ses débuts, dans son garage. 

Il n’y a pas de chanson, en fait. Et entendre les deux états, l’avant et l’après, le passage de l’instrumental à cette chanson à la mélodie aussi concise que limpide m’a convaincu que Thomas Bangalter avait ce que Brian Wilson appelait, à propos de Jean-Sébastien Bach, le génie de la simplicité. 

Je sais qu’il y a de grands connaisseurs qui écoutent peut-être par hasard cette émission ce soir sur France Inter. Ils vont sans doute bondir sur leur chaise ou se couper dans leur cuisine en coupant leur saucisson ou autre chose mais je maintiens ce que je dis : il y a des moments, dans l’album « Discovery » de Daft Punk, où on pense à Bach. 

Prenez ça comme la remarque non d’un musicologue, que je ne suis pas, mais de quelqu’un qui sent la musique comme, je ne sais pas, les chiens sentent les odeurs. D’ailleurs, j’y pense, c’est en pensant aux chiens et à leur instinct que Brian Wilson a composé le chef-d’œuvre des Beach Boys, « Good Vibrations, » qui a donné un sens à mon existence quand j’ai découvert cette chanson le jour de mes huit ans. Et je sais que Thomas Bangalter Guy de Homem Christo considèrent Brian Wilson comme un de leurs modèles.

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Je vais consacrer cette émission à ce que je considère comme l’art de la simplicité propre à Daft Punk, l’art de la simplicité, le plus difficile qui soit. Je ne vais pas l’éclairer en vous faisant écouter, une fois de plus, « One More Time » ou « Get Lucky », mais en vous faisant découvrir les collaborations du duo avec d’autres groupes ou chanteurs. 

Parce que c’est là que ce talent de la  simplicité prend le plus vie. En fait, c’est une intuition qui me traverse, j’ignore jusqu’à quel point elle est exacte, les albums de Daft Punk sont un peu comme des maisons idéales où l’on rêve d’habiter. 

Des maisons d’architectes, parfaites, qui sont comme des rêves d’enfants : lumineuses, harmonieuses, où tout semble organisé pour une vie où rêve et réalité, loisir et travail se fondent dans une seule et même expérience. La technologie y est plus parfaite que la vraie, bien sûr. 

L’agressivité du monde extérieur en est absente ou alors elle est domestiquée sous la forme de spectacle, présente sous la forme de têtes ou de bruits de méchants de dessin animé sur un écran. Et cette maison prend vie quand d’autres viennent l’habiter. C’est ce qui s’est passé, à la lettre, quand Win Butler est venu à Paris travailler dans le studio de Thomas Bangalter. Il a été émerveillé par l’installation de machines désuètes, de matériel vintage, comme on dit, des années soixante-dix. 

Bangalter a trouvé une mélodie et des sonorités qui ont apporté à cet instrumental un peu marécageux une sorte de lumière idéale, faisant de cette chanson un décor de rêve, où règnent l’ordre et l’harmonie, dans le style d’Abba, évident modèle de ce « Put Your Money on Me ». 

Abba, groupe  dont le classicisme frôlait la perfection, et pour lequel j’ai toujours eu une admiration sans limites. Alors je vous parlais des Beach Boys. Eh bien d’une certaine façon, en 2008, Guy-Manuel de Homem Christo a fabriqué une sorte de rêve des Beach Boys du début, bon, ceux de « I Get Around », mettons, à partir d’une composition de Sébastien Tellier pour son album « Sexuality ». 

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Un album que, donc, la moitié de Daft Punk a réalisé. La chanson s’appelait « Divine » et Tellier chantait dans un anglais pas très clair. Vous vous rappelez peut-être, elle a représenté la France au Concours de la chanson de l’Eurovision en 2008. Sébastien Tellier était arrivé sur scène dans une voiturette de golf, tenant un gros ballon, accompagné par des choristes tous et toutes barbus, moustachus. 

Alors, bon, je parle des Beach Boys mais la référence, en fait, c’était peut-être plutôt les Rubettes, eh oui. 

Arcade Fire : « Put Your Money on Me - Single Version » 

Sébastien Tellier : « Divine » extrait de l’album « Sexuality » 

Daft Punk : « Doin’ It Right » (feat. Panda Bear) extrait de l’album « Random Access Memories » 

Parcels : « Overnight » single 

- M - : « Superchérie » extrait de l’album « Lettre infinie » 

The Weeknd : « I Feel It Coming » (feat. Daft Punk) extrait de l’album « Starboy » 

113 : « 113 fout la merde » (feat. Thomas Bangalter) extrait de l’album « 113 dans l’urgence » 

N.E.R.D. : « Hypnotize U » extrait de l’album « Nothing » 

Daft Punk : 

  • « Instant Crush » (feat. Julian Casablancas) extrait de l’album « Random Access Memories » 
  • « Touch » (feat. Paul Williams) extrait de l’album « Random Access Memories
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