Ce soir, Michka Assayas vous a concocté un bouquet final de notre semaine consacrée à un des guitaristes les plus aimés au monde. Mais dont, étonnamment, on ne connaît pas forcément le meilleur, très varié et souvent méconnu.

Portrait du groupe de Dire Straits, John Illsley, Pick Withers, Mark Knopfler et David Knopfler, à Amsterdam, Pays-Bas, en 1978.
Portrait du groupe de Dire Straits, John Illsley, Pick Withers, Mark Knopfler et David Knopfler, à Amsterdam, Pays-Bas, en 1978. © Getty / Gijsbert Hanekroot / Redferns

Mais qui étaient ces mystérieux sultans du swing, « Sultans of Swing », que célébraient en 1977 Mark Knopfler et son groupe Dire Straits? Si vous l’ignorez, vous allez le savoir, patience. 

C’est d’abord en France qu’on a commencé à entendre partout, à la radio, dans les stations-service, les grandes surfaces, cette chanson due à un groupe anglais, londonien précisément. Un groupe que personne ne connaissait, même pas chez lui, en Angleterre. « Sultans of Swing» est devenu un tube improbable d’abord chez nous en France et aux Pays-Bas avant de conquérir le  pays dont le groupe était originaire, la Grande-Bretagne, puis le monde entier. 

C’est une de ces histoires complètement improbables, en tout cas imprévisible, dont l’histoire du rock est jalonnée. En 1977, un musicien amateur de vingt-huit ans, Mark Knopfler, se considère comme un raté, en tout cas un inadapté. Avec son jeune frère David, guitariste comme lui, John Illsley, un bassiste qui travaille alors dans un dépôt de bois et Pick Withers un batteur qui fait des séances payées une misère pour s’acheter des cigarettes, il a créé un groupe qui, par autodérision, s’appelle Dire Straits. To be in dire straits, en anglais, ça veut dire à peu près être rendu aux dernières extrémités. Au fond du trou, dans un langage moins soutenu. Son groupe, rétro et traditionaliste, joue alors une sorte de mélange blues, country et rock’n’roll vieillot dans des pubs de Deptford.

Dans cette chanson, Mark Knopfler met en scène un petit groupe de jazz Nouvelle-Orléans, qui joue du jazz créole, comme il dit, devant trois pelés et un tondu. Les Sultans of Swing, il paraît qu’ils auraient même existé. C’est un tableau doux-amer : une pluie fine tombe sur Londres, et ce groupe de potes joue dans un petit pub de banlieue, sans gagner un radis. Ils font tous de petits boulots à côté, personne ne les écoute, surtout pas des jeunes habillés à la dernière mode qui préfèrent ce qu’ils appellent le rock’n’roll, c’est dit dans la chanson avec une sorte de mépris. Mais les Sultans du swing s’en foutent. Ils jouent, ils sont heureux, ça leur va. Tout Mark Knopfler est là : un bon sens de l’observation, il ne faut pas oublier qu’il a débuté comme journaliste, une certaine dureté et en même temps de la tendresse.

Dire Straits : 

  • « Sultans of Swing » extrait de l’album « Dire Straits » 
  • « Twisting by the Pool », extrait de la compilation « Sultans of S,wing - The Very Best of Dire Straits » 
  • « Walk of Life » extrait de la compilation « Sultans of Swing - The Very Best of Dire Straits »

Mark Knopfler : « Corned Beef City » extrait de l’album « Privateering » 

Dire Straits : « Money for Nothing - Edit » extrait de la compilation « Sultans of Swing - The Very Best of Dire Straits » 

Mark Knopfler : 

  • « Song for Sonny Liston » extrait de l’album « Shangri-La » 
  • « Silvertown Blues » extrait de l’album « Sailing to Philadelphia » 
  • « Get Lucky » extrait de l’album « Get Lucky » 
  • « The Trawlerman’s Song » extrait de l’album « Shangri-La » 
  • « Go, Love » extrait de l’album « Privateering »
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