Ce soir, Michka Assayas vous le promet, l’été se prolonge. Avec majesté et volupté.

Lana Del Rey, auteure-compositrice-interprète, le 4 novembre 2018 à Mountain View, en Californie.
Lana Del Rey, auteure-compositrice-interprète, le 4 novembre 2018 à Mountain View, en Californie. © Getty / Taylor Hill

Il n’y a que Lana Del Rey pour évoquer ces soirées de l’été qui s’achèvent, propices à tous les débordements et voluptueux délires, eh oui j’ai été jeune aussi, sur ce ton vaporeux et désespéré. Un ton qui est d’ailleurs souvent celui de la jeunesse, capable de se perdre dans des fêtes capiteuses qu’on voudrait sans fin, tout en gardant en soi une distance et une froideur comme désespérée. Parce qu’on ne sait pas ce qu’on fait, qui on est et où on va. Et c’est ça qui est bien, d’ailleurs. 

Bref. Lana Del Rey est de retour. Son nouvel album ; "Norman Fucking Rockwell", "Putain de Norma, Rockwell", vient de sortir. Norman Rockwell fut ce peintre figuratif du vingtième siècle qui a croqué, avec autant de lucidité que de majesté, l’humanité et la société des Etats-Unis. 

Je sais que je vais susciter le scepticisme de certaines, de certains. J’ai déjà eu des discussions à ce sujet et je sens bien que je n’arrive pas toujours à convaincre. Mais, à mes yeux, à mes oreilles, Lana Del Rey est une de des rares chanteuses dont on puisse dire qu’elle a une vision. Via la musique, elle fait vivre tout un monde imaginaire, c’est avant tout une diseuse exceptionnelle. Et ses chansons sont presque toujours des paysages, des peintures, des scènes de film ou de roman. Dès qu’elle ouvre la bouche, ce n’est pas elle, ses problèmes personnels, son nombril ou ses émotions qui apparaissent. Non, tout de suite, il y a du champ, du recul, elle voit le monde entier : vous, moi, les autres, elle plonge sa tête dans notre imagination, nos fantasmes, nos rêves, nos névroses et nous les restitue avec une précision inquiétante qui est celle des rêves ou des cauchemars. 

Alors, oui, on peut la juger artificielle, d’ailleurs, ce personnage de Lana Del Rey n’existe pas, c’est une projection de son imagination, un peu comme ces chanteuses qui apparaissent dans les films de David Lynch et qui semblent être des apparitions, des projections fantastiques issues de la nuit où se meuvent et se débattent les personnages qu’il met en scène.

  • Lana Del Rey : « Doin’ Time » single  
  • Angel Olsen : « All Mirrors » single 
  • Florence and the Machine : « Patricia » album « High As Hope » extrait de l’album  
  • Hayden Thorpe : « Love Crimes » extrait de l’album « Diviner » 
  • Purple Pilgrims : « Two Worlds Apart » extrait de l’album « Perfumed Earth »  
  • She Keeps Bees : « Coyote » extrait de l’album « Kinship » 
  • Marika Hackman : « the one » extrait de l’album « Any Human Friend »  
  • Rosalie Cunningham : « Dethroning of the Party Queen » extrait de l’album « Rosalie Cunningham » 
  • Tori Amos : « Up the Creek » extrait de l’album « Native Invader »  
  • Lana Del Rey : « Season of the Witch (Music from the Motion Picture Scary Stories to Tell in the Dark) » single 
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