Le duo américain, Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, revient avec un quatrième album dans lequel, même si il n'y a pas de concept ou d'histoire, il célèbre les icônes de son enfance.

Andrew VanWyngarden guitariste, chanteur, compositeur, batteur américain, membre fondateur du groupe MGMT pendant le Panorama Music Festival à Randall's Island le 28 juillet 2017 à New York.
Andrew VanWyngarden guitariste, chanteur, compositeur, batteur américain, membre fondateur du groupe MGMT pendant le Panorama Music Festival à Randall's Island le 28 juillet 2017 à New York. © AFP / Theo Wargo/Getty Images pour Panorama /AMÉRIQUE DU NORD

_"(...)MGMT, MGMT, comme Management, c’est le nom que se sont trouvé voici une quinzaine d’années déjà Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser. Ces deux garçons ont fait leurs premiers pas là où ils se sont rencontrés. Soit Wesleyan University, une université privée située dans l’État du Connecticut, à une heure et demie en voiture à l’est de New York. Une université dont le département de musicologie est très réputé. Un des grands théoriciens et compositeurs de la musique électroacoustique, John Cage, y a enseigné de longues années. Et l’esprit d’expérimentation y est encouragé. On étudie toutes les musiques du monde à Wesleyan et il y existe une unité consacrée à la recherche sur les sons. C’est en étudiant ce qu’on appelle le « design sonore » que Ben Goldwasser et Andrew Vanwyngarden se sont rencontrés. Leurs personnalités et leurs goûts sont différents. Plus technicien et analytique, Goldwasser est porté sur la musique électronique dite industrielle, un de ses groupes préférés est le légendaire duo new-yorkais Suicide. Il est aussi attiré par le travail de sculpture sonore qu’ont pratiqué des musiciens britanniques du début des années 90, comme les groupes My Bloody Valentine et Stereolab, affiliés à un courant dit néo-psychédélique. Quant à son camarade Andrew VanWyngarden, qui a bien plus une tête et une allure de rock star, il a été nourri par la discothèque de ses parents – Rolling Stones, Neil Young, rock psychédélique – et a des goûts très éclectiques qui lui font apprécier l’électro-pop, la soul, le funk et le hip-hop. Ce qui a rapprochés ces deux-là, c’est un esprit à la fois loufoque et expérimental. Ils se sont lancés dans ce qui ressemblait plus à des performances d’avant-garde qu’à des concerts traditionnels. Pour leurs premières prestations, ils s’étaient par exemple équipés de synthétiseurs préhistoriques des années 70, habillés et maquillés de façon délirante pour interpréter le thème du film Ghostbusters. Et, ils sont les premiers à en avoir été étonnés, la compagnie Columbia leur a très vite accordé un contrat sur la foi d’une première maquette. Avec le lancement et la promotion internationaux qui en découlaient. Dans les chansons de MGMT qui sautent d’un style à l’autre on trouve, et c’est bien de notre temps, beaucoup d’autodérision et même d’autodénigrement. Ainsi un de leurs premiers succès, en 2008, « Time to Pretend », disait : « C’est notre choix de vivre vite de mourir jeune, aller à Paris, faire de la musique, gagner de l’argent, prendre de l’héroïne et baiser avec des stars ». Évidemment, au début, c’était pour se moquer de tous ces clichés. Sauf que ces clichés sont devenus réalité : Goldwasser et Vanwyngarden ont tous deux fini par sortir avec des mannequins. Dix ans ont passé ainsi que deux autres albums, au succès decrescendo. Les deux garçons ne se voient plus depuis longtemps au quotidien. Le premier vit à Los Angeles, l’autre à Rockaway Beach, près de l’aéroport new-yorkais JFK. Pour travailler, ils s’envoient des fichiers audio par e-mail. La chanson qu’on a entendue traduit bien leur esprit tordu : elle devait s’appeler « Me and My Girl », mais, selon l’aveu de Wyngarden, c’était tellement chiant et ringard qu’ils l’ont changée en « Me and Michael », ce qui brouille les pistes. Il n’empêche que cette chanson de MGMT marche très bien au premier degré et qu’elle a quelque chose qui rappelle les tubes aux mélodies naïves et aux paroles sarcastiques de duo londonien d’électro-pop des Pet Shop Boys. Mais avec quelque chose de fragile et savant à la fois, qui en fait le charme.(...)"_

  • MGMT : « Me and Michael » extrait de l’album « Little Dark Age » 
  • Geowulf : « Saltwater » EP « Relapse »   
  • Ariel Pink : « Feels Like Heaven » extrait de l’album « Dedicated to Bobby Jameson »     
  • Methyl Ethel : « Drink Wine » extrait de l’album « Everything Is Forgotten »   
  • Ty Segall : « Despoiler of Cadaver » extrait de l’album « Freedom’s Goblin »    
  • John Maus : « Find Out » extrait de l’album « Screen Memories »   
  • Tune-Yards : « Coast to Coast » extrait de l’album « I can feel you creep into my private life »    
  • Porches : « Goodbye » extrait de l’album « The House »   
  • Sarah Blasko : « A Shot » single       
  • Rhye : « Waste » extrait de l’album « Blood »   
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