D'habitude Bruce Springsteen est habitué à remplir des stades, cette fois-ci, il a choisi de se produire dans une petite salle à New-Yord pendant une année.“Springsteen On Broadway”, un album et un documentaire exclusif sur Netflix immortalisent la résidence de l'artiste. A découvrir ce soir avec Michka Assayas !

Bruce Springsteen & the E Street Band en concert le 2 octobre 1985 au Los Angeles Memorial Coliseum, en Californie.
Bruce Springsteen & the E Street Band en concert le 2 octobre 1985 au Los Angeles Memorial Coliseum, en Californie. © Getty / Andrew D. Bernstein

Le milieu des années 70 a été une drôle de période dans l’histoire du rock. On peut imaginer aujourd’hui qu’il était jeune et plein de santé, une vingtaine d’années, ce n’est pas beaucoup. Mais ce n’était pas du tout le cas. En 1967, dans le sillage des Beatles de l’album Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band, tout un mouvement s’était élancé pour repousser les frontières musicales du rock : on croyait au progrès sur le terrain des sons, des compositions, des ambitions artistiques. Il n’y avait pas de limites et, en Europe, avec des groupes comme Pink Floyd, King Crimson ou Emerson, Lake & Palmer, on avait l’impression que l’avenir du rock, c’était de disparaître au sein d’une fusion progressiste avec le jazz, la musique classique et les recherches électroniques. 

Même Led Zeppelin explorait des fusions modales avec la musique du Moyen-Orient. Oui, il y avait bien sûr des groupes de hard rock, comme Deep Purple mais beaucoup de spécialistes les considéraient comme éphémères et juste distrayants pour les très jeunes. Alors, dans tout ça, le rock’n’roll était considéré par certains comme la maladie infantile du rock. On le tolérait comme un style parodique, rétro, excessif, au deuxième degré. Pas franchement sérieux. Quant aux chanteurs stars de la période, comme Elton John ou Rod Stewart, ou même les Stones avec Jagger, ils se produisent dans des tenues pailletées et extravagantes, projetant l’image d’un narcissisme théâtral et décadent qui évoque les scènes des hôtels de Las Vegas. 

Alors, imaginez, déboule à ce moment-là un gars en vieux tee-shirt, jeans et blouson de cuir fatigué, ou chemise à carreaux, qui ressemble plus à un type chargé de transporter et installer le matériel de scène qu’à une star. En fait, c’est le bon moment. Parce que, vers 1975, le rock n’était pas mort. Ce qui était mort, en revanche, c’était la croyance qu’il allait évoluer indéfiniment pour s’approcher chaque jour davantage d’un idéal utopique, un peu comme un vaisseau spatial destiné à quitter notre atmosphère pur explorer des contrées inimaginables. Springsteen semblait un gars tourné vers le passé. 

Il y a cette phrase historique qu’a écrite en mai 1974 dans le magazine Rolling Stone le critique Jon Landau, qui deviendra le manager et le producteur artistique de Springsteen : 

J’ai vu mon passé rock’n’roll apparaître devant mes yeux en un éclair… J’ai vu l’avenir du rock’n’roll et son nom est Bruce Springsteen

Bruce Springsteen : « Born to Run » extrait de l’album « Born to Run » 

Bruce Springsteen & the E Street Band : 

  • « My Love Will Not Let You Down » extrait de l’album « Live in New York City » 
  • « Badlands » extrait de l’album « Live in New York City » 
  • « Hungry Heart » extrait du coffret « Live/1975-85 » 
  • Bruce Springsteen & the E Street Band
  • « Prove It All Night » extrait de l’album « Live in New York City » 
  • « Candy’s Room » extrait du coffret « Live/1975-85 » 
  • « War » extrait du coffret « Live/1975-85 » 
  • « I’m on Fire » extrait du coffret « Live/1975-85 » 
  • « Detroit Medley » extrait de l’album « Hammersmith Odeon, London ‘75 » 
  • « Born in the USA (demo) » extrait du coffret « Tracks » 
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