Ce soir, Michka Assayas vous présente un seul artiste, mais qui à lui tout seul a su aborder plein de styles différents.

Mark Oliver Everett d'Eels, sur scène au New Theatre le 15 juin 2014 à Oxford, Royaume-Uni.
Mark Oliver Everett d'Eels, sur scène au New Theatre le 15 juin 2014 à Oxford, Royaume-Uni. © Getty / Edu Hawkins / Redferns

_"(...)Alors Eels, peut-être vous ne connaissez pas ou bien vous ne connaissez que vaguement, eh bien, ça tombe très bien. Parce ce Mark Oliver Everett, soit Eels, deux e els, comme des anguilles, essentiellement c’est lui, sa voix et ses chansons, c’est un de mes artistes favoris de ces vingt-cinq dernières années. On peut dire de lui qu’il a été, bon, ce sont des comparaisons vagues, je les utilise pour les plus âgés, désolé, comme un Neil Young ou un Elvis Costello pour celles et ceux nés dans les années 70, en somme les derniers enfants du rock indépendant. Mark Oliver Everett a, de fait, abordé pas mal de styles différents, au risque de déconcerter ceux qui l’ont découvert en 1996 avec son tube « Novocaine for the Soul », qui a fait le tour du monde. À l’époque on l’a avait beaucoup comparé à Beck. Comme lui, il avait trouvé un ton très personnel, une sorte de rhythm’n’blues post-moderne, mélodieux mais un peu fracassé, où la désillusion, l’autodérision et même une forme de dégoût prédominaient. Le grunge de Nirvana n’était pas loin. On se rappelle le fameux « Loser » de Beck, qu’on entendait partout en 1994. Comme Beck, Eels avait travaillé un duo de réalisateurs artistiques, les Dust Brothers, alors très en vogue, qui parsemaient leurs productions de ces collages et bruitages très en vogue dans le hip-hop, et aussi dans le trip-hop à la Portishead, ce qui donnait un effet savant, à la fois construit et déconstruit. Et, comme Beck, Eels, enfin Mark Oliver Everett, qui se faisait appeler E, comme la lettre E en anglais, a ensuite abordé de nombreux autres styles. Dans son cas : variété swing désuète, rock mélodieux et carillonnant des années 60, pop gentiment psychédélique et baroque de la fin de cette décennie, comptines pour enfants, rock grunge, ballades country-folk, blues sauvage, soul, même funk, enfin, j’en oublie sûrement. Mais toujours avec une sensibilité particulière. Comment la décrire ? Eh bien, disons, il y a toujours chez lui une franchise d’enfant, déconcertante, où la joie exubérante comme le désespoir sans filtre peuvent jaillir d’un moment l’autre, sans qu’on s’y attende. Et puis, il y a cette voix, une des plus émouvantes qui soient. Tantôt c’est celle d’un adulte qui, face aux malheurs de la vie, a perdu ses moyens et se remet à parler comme un enfant, tout en gardant sa grosse voix. Tantôt c’est un cri de loup-garou éploré, un râle rauque et comme écorché. Tantôt c’est le timbre fatigué de quelqu’un qui a trop crié, ou trop pleuré, et qui vous confie enfin ce qu’il a sur le cœur et n’a jamais osé dire à personne. Enfin, c’est rare d’entendre un auteur de chansons qui vous parle ainsi comme un frère qu’on aime, à cœur ouvert. Alors, ce soir, il n’y en a que pour lui. Eels, « Trouble with Dreams », le problème avec les rêves, c’est qu’ils ne se réalisent pas. Une chanson de 2005 sur un amour qui n’est pas payé en retour. C’est sur France Inter ce soir.(...)" _

Eels : « You Are the Shining Light » extrait de l’album « The Deconstruction » 

  • « Trouble with Dreams » extrait de l’album « Blinking Lights and Other Revelations » 
  • « Saturday Morning » extrait de l’album « Shootenanny! » 
  • « I Like Birds » extrait de l’album « Daisies of the Galaxy » 
  • « Little Bird » extrait de l’album « End Times » 
  • « That’s Not Really Funny » extrait de l’album « Souljacker » 
  • « Dog Faced Boy » extrait de l’album « Souljacker » 
  • « Novocaine for the Soul » extrait de l’album « Beautiful Freak » 
  • « It’s a Motherfucker » extrait de l’album « Daisies of the Galaxy » 
  • « That Look You Give That Guy » extrait de l’album « Hombre Lobo - 12 Songs of Desire » 
  • « A Line in the Dirt » extrait de l’album album « End Times » 
  • « I’m Going to Stop Pretending That I Didn’t Break Your Heart » extrait de l’album « Blinking Lights and Other Revelations » 
  • « Mystery of Life » extrait de l’album « Tomorrow Morning » 
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