Ce soir dans Very Good Trip, une voix soul, et quelle voix soul, celle de Fred Hibbert, dit Toots. À ne pas rater.

Le chanteur Toots Hibbert et les Maytals en concert à l'Alexandra Palace le 8 septembre 2018 à Londres, en Angleterre.
Le chanteur Toots Hibbert et les Maytals en concert à l'Alexandra Palace le 8 septembre 2018 à Londres, en Angleterre. © Getty / Venla Shalin / Redferns

Cette émission est une rediffusion du 24 septembre 2020.

Toots nous a quittés le 11 septembre 2020. Il avait soixante-dix-sept ans et il l’est une des innombrables victimes de l’éprouvante pandémie actuelle. Mais le plus triste, pour ce qui touche les amateurs de musique, c’est que son nom, en France, n’était pas connu du très grand public. Alors que, chez les connaisseurs du monde entier, on considérait Toots, à juste titre, avant tout comme un immense chanteur soul. Même s’il était Jamaïcain et qu’il s’était fait connaître en chantant des chansons sur un rythme de reggae. 

Oui, Toots avait le timbre âpre et déchiré d’un Otis Redding, de n’est pas moi qui le dis mais un de ses célèbres admirateurs, Keith Richards. Et aussi, sur scène, l’énergie d’un James Brown. 

En Angleterre, il avait un public de tout âge, de tous les horizons, c’était une évidence, il fallait avoir vu et entendu Toots, qui avait presque le statut d’un Ray Charles. Bien sûr, Toots n’a pas connu l’immense notoriété internationale de son grand rival Bob Marley, qui fut comme déifié de son vivant. Pourtant, sur son île natale, la Jamaïque, son groupe, les Maytals a eu autant, voire plus de succès, au début, que les Wailers de Marley. Aucun groupe jamaïcain n’a en tout cas obtenu plus de numéros un que les Maytals en Jamaïque, trente et un en tout. Et Toots, comme Bob Marley, écrivait des chansons qui, pour citer le grand historien américain du reggae, Roger Steffens, dépeignaient mieux que personne les joies et les peines, enfin, souvent les peines, des jeunes Jamaïcains.

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