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Altın Gün - Yüce Dağ Başında
Altın Gün - Yüce Dağ Başında © Capture d'écran/YouTube/Site officiel d'Altin Gün

Un peu comme si Daft Punk était parti faire un voyage en Asie mineure, recrutant au passage un chanteur du cru. Le groupe s’appelle Altin Gün, la chanson « Ordunun Dereleri », il me semble, par déduction, que ça signifie le flot de l’armée, le flot d’une armée qui passe. 

S’il y a des turcophones qui m’écoutent, je les invite à préciser, sur le site Facebook de l’émission, le sens de cette chanson guerrière, qui me semble évoquer une histoire d’amour tragique en temps de guerre. 

L’album s’appelle « Yol », ça, c’est facile, ça veut dire chemin, c’est aussi le titre d’un film ancien, tourné au début des années quatre-vingt, du grand cinéaste turc Yilmaz Guney. Alors, turc, Altin Gün, pourtant, ne l’est pas tout à fait. Découvert en France en 2017 par les Transmusicales de Rennes, un festival toujours en avance, Altin Gün a en fait été fondé par un musicien néerlandais qui a longtemps accompagné Yaco Gardner, un chanteur et compositeur très apprécié des amateurs de pop psychédélique très orchestrale et raffinée. 

Yaasspeur Veurhoulst et deux de ses camarades ont découvert à Istanbul une musique dont ils n’avaient pas idée et pour laquelle ils se sont passionnés, découvrant le charmes des mesures impaires et des échelles micro-tonales, qui accueillent des notes situées à des micro-intervalles, les quarts de ton. Qu’un instrument comme le luth turc, le saz, permet de jouer. On entend tout ça dans la musique populaire anatolienne, à ce que j’ai appris. 

Ces Néerlandais se sont mis à collectionner des disques et à apprendre ces musiques, embauchant le joueur de saz turc Erdintch Etchevit et la chanteuse Merve Dasdemir. Et ils ont choisi, ce qui, au fond, a un sens assez clair, le nom de Altin Gün, qui signifie en turc âge d’or. 

Au début ils reprenaient des chansons traditionnelles, avec un style bien à eux, plein de finesse, de légèreté et de délicatesse. À présent, ils continuent, avec le même enthousiasme, à reprendre ces mêmes chansons mais les conditions d’enregistrement de ce nouvel album, « Yol », ont évidemment été transformées par le confinement et les entraves aux déplacements qui lui sont liées. Le travail isolé des musiciens, chez eux, devant leurs claviers, ordinateurs, armés de leurs logiciels, échantillonneurs et plug-in, les ont conduits naturellement vers des sons électroniques, dont ils ont tiré le meilleur parti.

  • Altin Gün : « Ordunun Dereleri » extrait de l’album «Yol » 
  • Balkan Taksim : « Zalina » single 
  • Gaye Su Akyol : « Isyan Manifestou » single 
  • Kiko Dinucci : « Olodé » extrait de l’album « Rastilho » 
  • Ayom : « Egum » extrait de l’album « Ayom » 
  • Frente Cumbiero : « Jaley Jaley » extrait de l’album « Cera Perdida » 
  • Christine Salem : « Tyinbo » extrait de l’album « Mersi » 
  • Lolomis : « Hilijalleen » extrait de l’album « Red Sonja » 
  • Les Mamans du Congo & RROBIN : « Ngaminke » extrait de l’album « Les Mamans du Congo & RROBIN » 
  • Coreyah : « How Far You’ve Come » extrait de l’album « Clap & Applause » 
  • Delgres : « La Penn » extrait de l’album « 4:00 AM » 
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